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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 13:10

Chère Pascale,

Il y a longtemps que je souhaite m'adresser à toi depuis le fond de mon coeur. Tu es et resteras mon amie : je suis fidèle, par-delà mes erreurs que je reconnais totalement. Il y a plusieurs années, tu écrivis sur facebook où j'étais sous pseudonyme que j'avais des antécédents psychiatriques et je ne compris pas cette calomnie qui ne te ressemble pas. Tu eus conscience d'avoir commis une erreur lorsque je t'en fis part. J'interroge le fond de ton être sur ton hypothèse : entre femmes intelligentes, ne crois-tu pas que je me suis demandée la cause de ton raisonnement et que j'ai une réponse, puisque, pour ma part, j'ai travaillé en hôpital. J'ai un infini respect pour les désespérés qui, dans leur épreuve, ont besoin d'une aide psychiatrique. Jacques Maritain issu d'une famille protestante et Raïssa devenue Maritain juive d'origine russe avaient décidé de se suicider s'ils ne trouvaient pas une raison qui puisse expliquer la souffrance d'un enfant. Ils devisaient en se promenant au Jardin des Plantes. Ils connurent Léon Bloy par son roman " La femme pauvre " et souhaitèrent le rencontrer. Tu connais sûrement la suite de leur trajectoire.

Voici que j'introduis le protestantisme par un philosophe remarquable. J'ai toujours eu des amis protestants. J'eus la maladresse de faire part d'un agacement consécutif aux émissions de Fréquence Protestante sur la longueur d'onde de Radio Notre-Dame où j'entendais des critiques pénibles contre les catholiques. Tu en fus peinée et je t'en demande pardon : je te croyais anglicane. Pour ma part, j'écoute régulièrement Fréquence Protestante et certaines émissions me touchent profondément. Je suis catholique parce que je crois en La Présence Réelle ou transsubtanciation. L'aspect moraliste ne m'intéresse pas : il est à mes yeux un sous-produit de "l'agapè", mot grec peut utilisé avant les écrits néo-testamentaires que l'on pourrait esquisser par l'idée d'amour inconditionnel. Tu connais fort bien l'épître de Paul mettant cette vertu au-dessus de tout.

Il y a en toi une intégrité remarquable. Emue, lors d'un de tes soucis de santé, je t'ai téléphoné sur ton portable qui me bascula sur un numéro de téléphone que j'ignorais. Tombant sur ton fils aîné, je dus me taire sur ce qui t'avais conduite à l'hôpital. Craignant que j'aie inquiété ton fils, tu me dis un peu abruptement : " mais tu sais bien quel numéro de téléphone tu as fait? " Oui, c'était celui de ton portable. Nous restions entre femmes intègres. Je compris, par la suite, que tu avais découvert que ton mobile basculait sur un numéro que je ne souhaitais pas appeler.

Nous eûmes d'autres malentendus. Il m'arriva de piquer une sainte colère contre les personnes ayant fait une école de commerce : je visais, en l'occurrence, un de mes frères. Tu le pris pour toi alors que je n'assimilais nullement l'université des Etats Unis où tu étudias à ces écoles françaises. Tu abordas devant moi divers problèmes financiers rencontrés dans l'entreprise que tu avais rachetée avec ton mari. Un jour, tu évoquas le calcul du point mort. De par mes études économiques, je ne connaissais pas cette notion, n'ayant appris que le calcul du point d'équilibre. J'en parlai à mon père qui m'expliquas ce que j'avais entrevu dans cette notion : tu vois donc que je prenais au sérieux chacun de tes propos.

Pour rire, lorsque nous nous rencontrâmes chez moi ou peut-être avant sur un des sites que nous fréquentions, je t'avais donné un quotient intellectuel pifométrique, n'ayant jamais fait ce test que je n'aurais peut-être pas bien réussi en raison d'anomalies de schéma corporel que j'assume comme un problème de famille et ces anomalies faussent le calcul. J'avais lancé un chiffre élogieux mais compatible avec notre niveau d'études respectif. Tu me donnas ton chiffre que je n'aurais jamais dû révéler et je t'en demande pardon. Tu avais eu ce test à faire et ton résultat était à respecter. Je me sais non adaptée aux exigences du libéralisme, dotée d'une forme d'intelligence atypique mais non moindre bien que sans doute les résultats d'un test soient un peu inférieurs. Je nous étais accordé 140!!! J'ai un rire amusé parce que j'échouerais, lamentablement, aujourd'hui, avec les difficultés de la vie.

Il y eu un autre malentendu lorsque tu me dis être aristocrate ce qui est certainement vrai mais ce qui était aux antipodes de mon éducation. Ni mon père ni ma mère ne l'auraient dit. Il est vrai que tout n'était pas clair du côté de ma mère parfois snob comme ses frères et soeurs, hormis quelques exceptions parmi eux, ceci ne correspondant pas du tout à ma grand-mère maternelle totalement hors de ces catégories bien que de noblesse de robe. Je n'ai pas connu mon grand-père maternel issu de la noblesse d'extraction : il était polytechnicien et n'aurait pas aimé le snobisme que j'évoque. Paradoxalement, ma mère pouvait être très simple et avait un contact chaleureux avec tout le monde. En outre, elle était artiste. Mon père était un homme remarquable et restera un modèle. Il fut comparé dans un article de L'Express à un membre de la chambre des lords.

Mon grand-père paternel polytechnicien était issu d'une famille anoblie par une charge à exercer comme toutes la noblesse de robe. Pour les concierges qui ont suivi cet écrit jusqu'ici, son ancêtre siéga aux états-généraux de la noblesse en 1789. La révolution interrompit la transmission de la charge, et pour les concierges en mal de pittoresque, il y a trois cent familles faisant partie de l'association de la noblesse inachevée, des familles vexées que les noblesses acquises ultérieurement soient reconnues par l'association de la noblesse française. Je ne sais ceci que par la curiosité mal placée d'un de mes frères. Pour ma part, je suis avant tout nomade! Mon nom est celui de la branche aînée : il est authentique, évoque La Comtesse de Ségur et un très beau petit château de L'Ardèche du Sud situé en pleines montagnes arides.

Ma grand-mère paternelle était artiste, farfelue, intelligente, fantasque, courageuse comme l'était cette génération. Je connais moins bien sa famille qui semble avoir des liens avec L'Espagne et qui a redoré le blason d'une dynastie princière dont je tais le nom tout en trouvant cette mésalliance désopilante!!! Chez mes grands-parents paternels, nous vivions à la dure mais dans la joie. Il n'y avait pas de chauffage, pas grand chose à manger, beaucoup de possibilités de jeux pour une bande de cousins solidaires. Le cadre était splendide.Je n'y suis pas retournée depuis les obsèques de mon père, un saint d'une extrême intelligence et d'un humour raffiné. Humour et amour riment : je n'oublierai jamais ses regards lors des derniers mois de sa vie où j'apportais présence, plaisanteries, joie, connivence intellectuelle et spirituelle. J'ai poursuivi des recherches d'histoire du droit qui l'intéressaient, à titre personnel. Nous avions de nombreux points communs même si je suis atypique. Il est à la mode de parler de sa résistance : mes grands-pères, mes oncles maternels ( ma mère en fut empêchée par son père ), mon père y participèrent. Ils firent ce qui était normal. Là, où vivaient mes grands-parents paternels, il était aisé de cacher qui on voulait et ce fut fait.

Je termine cette lettre en évoquant le groupe de la rose blanche en Allemagne, groupe d'étudiants et d'enseignants allemands résistants. J'ai vu, hier, un reportage sur KTO au sujet de deux jeunes gens protestants qui s'engagèrent de plus en plus en diffusant des tracts anti-nazis et en les envoyant, notamment, en cinq exemplaires à Hitler lui-même. Ils furent exécutés. Rendons aussi hommage au Pasteur Bonhoeffer (je ne suis pas sûre de l'orthographe ) exécuté pour complot d'assassinat contre Hitler, la seule chose à faire.

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 17:02

Venant de réécouter deux tables rondes du colloque de La Fondation Espérance Banlieues, je suis bouleversée et je souhaite en parler, ici. Vous pouvez trouver des vidéos you tube sur Le Cours Alexandre Dumas qui est la première école mise en place par cette fondation, et qui se situe à Montfermeil. D'autres établissements ont vu le jour depuis, et l'extension de cette expérience est envisagée. En tant qu'ancienne enseignante dans plusieurs matières, je tiens à souligner l'innovation merveilleuse qu'apportent les écoles de cette fondation.

J'ai enseigné en Afrique, les mathématiques de la sixième à la troisième. A titre personnel, j'ai décidé d'offrir un deuxième plein temps de cours aux élèves le souhaitant afin de répondre à tous leurs besoins d'explication. Je crains que mon initiative ne soit exceptionnelle bien qu'elle se soit imposée au jeune professeur que j'étais en face d'élèves dont la culture d'origine entrait en conflit avec le système codifié, comme les règles du jeu d'échecs, avec les mathématiques. Je ne donne qu'un exemple : lors de ma première démonstration par l'absurde, j'entendis mes élèves me répondre : " Qu'est-ce que cela prouve ? ". Cette question me frappa de plein fouet tandis que rentrais dans ma case, songeant que dans la nature les contraires peuvent coexister. Je n'eus donc comme argument que la nécessité d'accepter les règles mathématiques pour réussir Le BEPC qui, à l'époque, permettait de trouver un emploi dans la fonction publique. Il convenait que je cerne si l'incompréhension venait de ma démonstration ou de l'acceptation des règles mathématiques. Je prenais le temps de le vérifier avec chacune de mes élèves, n'hésitant pas à pointer du doigt le refus des règles. J'avais expérimenté ce type de refus avec l'un de mes frères alors que je réussissais sans aucune difficulté en mathématiques et en français, matières qui ne demandent pas beaucoup de travail et pour lesquelles, je me retrouvais en tête de classe. Il n'est pas inutile de dire que mon frère qui se bloquait sur la cohérence interne du système arbitraire des mathématiques est devenu juriste, donc obéissant à un ensemble de règles!

Mes élèves africaines m'appréciaient beaucoup et le dialogue était franc, chaleureux. Elles venaient de familles non scolarisées, le plus souvent, mais avaient des repères que n'ont pas les élèves des écoles hors contrat de la fondation évoquée. Une partie de mes élèves entra à l'université.

J'ai enseigné la santé publique, l'économie, le droit dans des écoles d'assistants sociaux en France. J'y fus également chargée d'encadrer des travaux de recherche, tâche que j'ai menée dans d'autres écoles, dans lesquelles les étudiants étaient censés avoir le baccalauréat! Mes élèves ne comprenaient pas ce qu'ils lisaient, ne savaient pas rédiger un plan, ne savaient pas prendre des notes. Il me fallut reprendre ces points mais je n'avais plus la liberté de rajouter un deuxième plein temps bénévole pour des raisons institutionnelles. Nous sommes pourtant dans un cadre d'illettrisme partiel.  QUE FONT LES ECOLES DE LA FONDATION ESPERANCE BANLIEUES? Elles commencent par rendre aux élèves la maîtrise du français, afin qu'ils s'approprient cette langue, de même qu'elles les aident à vivre comme une richesse leur nationalité française tout autant que les pays d'où sont originaires leurs familles. Les élèves ne redoublent pas : en cas de difficulté, ils passent en " classe niveau " avant d'intégrer la classe supérieure. Le vousoiement est de règle de la part des enseignants envers les élèves appelés au respect. Toutes les réussites sont fêtées, y compris celles qui ne sont pas directement scolaires. Les enseignants partagent leur repas avec les élèves qui apportent le leur. Ils sont aussi dans les cours de récréation et dans des jeux fascinants comme celui du creusement d'une tranchée dans le cadre d'un cours d'histoire. Vous trouverez des vidéos sur you tube et tout le colloque de la fondation. L'expérience est une réussite moins onéreuse que l'école publique et donnant à chacun sa chance!

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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 15:44

Ma chère Sophiana,

Il aurait été génial que nous puissions voir ensemble le film nommé " Franz ". L'intrigue se déroule en 1919 après la guerre : mes deux grands-père ont fait la guerre de 14-18, tout comme tes arrières grands-pères. Le film est d'une excellente qualité cinématographique et profondément artistique. Il y a une histoire de demande de pardon par un soldat français brisé parce qu'il a tiré, par panique, sur un soldat allemand dont l'arme n'était pas chargée. Sa douleur est indicible. Il va fleurir la tombe de Franz et fait connaissance avec ses parents ainsi que sa fiancée... Le scénario est étrange mais le film est de toute beauté. Il y a une intrigue sentimentale telle qu'elle se vivait à cette époque où nul n'avait de relations charnelles avant le mariage ( il y eut des exceptions à cette génération, bien entendu ). En ce temps-là, on se mariait, sans candeur : nul ne peut prévoir comment évoluera celui ou celle avec qui elle ou il s'engage à vie. Vois-tu, nous sommes bien au-delà de la morale que j'ai en aversion tant elle est étriquée. Nous sommes appelés à aimer Dieu " gratuitement " ( c'est le sens du mot " agapè " dans les textes du Nouveau Testament ). Nous-mêmes sommes aimés en pure gratuité par Dieu, Trinité de communion d'agapè (communion de relations d'amour ), par Dieu qui ne condamne personne. Le deuxième commandement est d'aimer le prochain comme soi-même, ce qui suppose une subdivision où nous soyons aptes à nous aimer, nous-mêmes, d'un amour gratuit. Il n'y a pas de morale en Dieu mais juste un abîme d'amour.

Nous sommes tous appelés au meilleur, au don total et c'est une chose qui peut se vivre dans le mariage. A quel âge faut-il s'engager? Il n'y a pas de règle fixe. Il convient de trouver le bon conjoint, de le connaître en amitié puis de le choisir pour la vie. Naturellement, il est possible de s'engager avec celui ou celle avec qui l'on vit. Le sacrement du mariage est une sorte d'icône nous indiquant l'alliance entre Le Christ et L'Humanité Réconciliée, Appelée à ressusciter. Il est tout à fait normal de se sentir incapable d'une telle aventure. Qui a peur de traverser le désert sans avoir de nourriture et sans avoir d'eau? J'ai traversé Le Sahara pour la première fois, alors que j'avais ton âge. La vision de cet infini sans limites, du tout dans le rien m'a fascinée. J'ai pris beaucoup de risques lors de cette épopée mais je ne le regrette pas. Le Sahara ne pardonne pas le faux pas, l'imprudence... tout comme l'océan que tu connais très bien. Une course de voilier en solitaire est une prise de risques que nul navigateur ne rejette. Et voici que je songe aux propos de Soeur Emmanuelle : " si tu n'as pas risqué, tu n'as pas vécu. " Rien n'est aisé et chacun d'entre nous fait ce qu'il peut devant ce à quoi nous appelle L'Abîme d'Amour. Je n'y arrive pas, moi non plus. Je suis ta marraine et c'est ce qui me conduit à te parler de ce mystérieux Abîme qui est, avant tout, pardon. La morale est étriquée et peut-être indigne de Dieu : les deux premiers commandements disent l'essentiel. L'alliance de Dieu est définitive depuis Abraham : elle ne s'arrêtera jamais. Une alliance conclue pour toujours? Une icône du mariage sur ce thème? Génial! On ne m'en a jamais parlé au catéchisme. J'ai lu de très belles choses sur ces thèmes vertigineux car nous ne sentons pas capables ( et à juste titre ) d'être à la hauteur de cette icône. Il nous reste un mystère devant l'appel qui nous fait peur tant nous nous sentons incapables d'y répondre. Je crois que la beauté de l'icône peut nous aider sur la route de notre vie. Ma vie a ses limites et je suis faillible. J'ai eu envie de présenter l'icône de beauté. Affectueusement. Elisabeth.

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 16:15

Audace s'impose : le pape, " la théorie du genre ", ledit lobby LGBT, la spirale financière du capitalisme libéral. Je suis économiste, formée d'abord dans un université marxiste, devenue ensuite chercheur à L'Ecole des Hautes Etudes. Le but de l'hypersexualisation des enfants est d'en faire de parfaits consommateurs. Ledit lobby LGBT serait soutenu par de très grandes firmes internationales, point qui nécessite des précisions que je n'ai pas à l'heure actuelle bien que j'aie des éléments. Nombreux sont ceux qui reprochent au pape de s'être opposé à la dictature de la théorie du genre au sein de l'école, à son retour des pays de l'est, dans l'avion. La doctrine sociale de L'Eglise est opposée au marxisme et au libéralisme qui n'est pas le capitalisme de petits entrepreneurs mais la spirale financière qui dérive, délire, s'impose : le pape l'a critiquée dans " Laudato si ". Un commentaire de Patrice de Plunkett sur facebook précise cette condamnation et je vous invite à aller sur sa page personnelle pour avoir plus d'information. En effet, il n'est pas certain que le fond du problème soit le sexe, l'entrée de documents non appropriés à l'école, même si proposer des textes pornographiques à des collégiens dans des activités extra-scolaires est scandaleux et destructeur. Il y a d'excellents écrivains homosexuels dont André Gide, Julien Green, Colette, Arthur Rimbaud... Le vrai problème est une histoire de fric.

Faut-il condamner le capitalisme ? Non, s'il s'agit de l'oeuvre d'entrepreneurs tels qu'il y en a eu dans ma famille à ma grande fierté, même si ces belles initiatives ont dérapé, pour certaines d'entre elles vers le libéralisme. Avons-nous une alternative au capitalisme? Mon directeur de recherche Ignacy Sachs a travaillé sur les stratégies d'éco-développement au sein de programmes régionaux et ceci fonctionne. A plus grande échelle, il n'y a pas d'exemple de réussite. Comment préserver le capitalisme des entrepreneurs? Par des régulations. J'espérais que les grandes institutions internationales s'en chargeraient et j'ai travaillé à ce niveau. Elles sont les premières à promouvoir les " études du " gender " qui ne procèdent pas par démonstrations, et prennent leur point de départ au sujet des très rares cas d'hermaphrodites!!! Faut-il condamner l'homosexualité? A quel titre? Elle n'est pas toujours choisie : Arthur Rimbaud et Julien Green ont dû composer avec cet état qui s'imposait à eux. Je rappelle que le pape a demandé pardon aux homosexuels pour les erreurs commises par L' Eglise Catholique Visible soit l'institution à leur égard. Le même pape est très à l'écoute des divorcés-remariés dans son exhortation apostolique " Amoris Laetitia ". Il reste que les chrétiens et les juifs ont en commun le texte de La Genèse. Vous pouvez écouter la vidéo-conférence de Fabrice Hadjadj : " mâle et femelle, il les créa " et lire son ouvrage " La profondeur des sexes ". Je cite pour sa beauté un extrait du premier recueil d'Etincelles de François Cassingéna-Trevedy : " Et Adonaï-Elohim appela Adam et lui dit : Où es-tu ? ( Genèse 3, 9 ) - Détresse, désarroi complet de Dieu : le Seul a perdu son ami, L'Un a perdu son autre " page 137 de l'édition ad Solem.

Moi, je vous dis que c'est une histoire d'argent, d'argent cette première idole : " nul ne peut servir deux maîtres, Dieu et l'argent ". Il est difficile de reprocher au pape de citer l'évangile! Voici une énorme histoire de fric d'où la sexualité est aussi absente que dans des sex-shops. J'étais rentrée dans ce genre d'officines, il y a quelques années, rue Saint Denis, à Paris, et j'ai éprouvé un profond malaise au point de dialoguer avec le commerçant tunisien qui disait à sa famille qu'il avait une épicerie. Sortant dans la rue, je vois une sex shop non interdite aux moins de dix huit ans mais interdite aux moins de vingt et un ans et j'entends deux jeunes maghrébins commenter : " cela doit être hard "! Un éclat de rire nous réunit et d'un commun accord, nous concluons : " c'est nul " au sujet de ces officines. Les études du gender ne parlent pas de sexualité. Elles partent sur des cas anatomiques rarissimes pour dire que le fait d'être homme ou femme ne dépend que de constructions sociales. Je crois que les études ethnologiques ne se permettent pas une telle conclusion. Fabrice Hadjadj parle très bien de la sexualité, de la relation dans l'altérité. Certes, l'altérité peut exister entre deux personnes du même sexe et il y a bien relation. Le sujet n'est pas l'homosexualité mais le fric, ne l'oublions pas. Sur ce point, je vous invite à retrouver une vidéo-conférence de Soeur Emmanuelle avec Philippe Asso où elle évoque sa rencontre avec le ministre des armées à qui elle reproche de fabriquer des armes qui tuent des enfants. Ce dernier lui répond que s'il arrête cette activité, il mettra au chômage des centaines d'employés et qu'il sera mis à la porte. Soeur Emmanuelle touchée lui pose la bonne question : " ne pouvez-vous pas réunir des experts sur la possibilité de fabriquer avec les compétences de vos employés autre chose que des armes? ".

J'ajoute encore un point qui s'adresse aux chômeurs dont je fais partie et qui crèveront si leurs allocations disparaissent et s'ils ne trouvent pas d'emploi : " Qu'est-ce qu'on ne peut ni acheter ni payer, parce que c'est irréparablement gratuit? L'amour, l'amitié, la confiance, la foi, la grâce, les sacrements, l'intelligence, le ciel, la terre, l'air ( ...jusqu'à nouvel ordre ), la paix de l'âme, la joie de vivre. " Maurice Bellet " La traversée de l'en-bas " édition Bayard page 142, 143. Cette méditation nous concerne aussi sur un point difficile abordé par le pape, soit la question des migrants. Nous nous sentons débordés et c'est légitime. L'Etat Islamique a dit qu'il s'infiltrerait par les migrations et il le fait. Lesdits migrants sont des clandestins mais L'Etat Islamique est capable de modifier leur identité en les faisant chrétiens de telle sorte qu'ils apparaissent comme réfugiés politiques. La jungle de Calais est un chaos terrible où se trouve une très belle petite église éthiopienne. Les rassemblements sous le métro sont une horreur atroce mais nous sommes pris dans la spirale libéraliste et n'avons aucun emploi à proposer. Il est urgent de convoquer des experts sur ce point : je suis prête à participer à cette étude à mon modeste niveau.

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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 14:43

L'automne arrive avec ses premiers jours de froid. L'été avait sa saveur de combat puisque c'est en sa chaleur que j'ai lutté pour retrouver la marche, l'immense force de ma carcasse, après mon opération du genou, que j'ai relevé le défi de cette salle de sports qui tenait de la folie lorsque je la vis pour la première fois. Nous étions tous logés à la même enseigne, arrivant sur un brancard, nous déplaçant en hésitant avec un déambulateur - toute chute pouvant être fatale, osant les béquilles puis en lâchant une, et réalisant que nous tenions en l'air la dernière béquille, la laissant de côté, pour marcher de plus en plus vite sur le tapis roulant, pour pédaler sur le vélo scellé au sol, grimpant et descendant les escaliers. Nous étions comme des pèlerins en quête d'Absolu sans même y songer, pèlerins solidaires, très chaleureux entre eux. Et si être pèlerin était ce qui fondait notre vie?

A côté de mon ordinateur, un ouvrage très émouvant d'une femme ayant été plusieurs fois à Saint Jacques de Compostelle, ouvrage où elle décrit son pèlerinage pour sortir d'une erreur médicale qui l'a conduite à l'hôpital : " L'angoisse de la page folle " d'Alix de Saint André. Un peu plus loin, " Les grandes amitiés " de Raïssa Maritain où se croisent écrivains, artistes, tous pèlerins de L'Absolu qui ne se nomme pas systématiquement d'emblée. Un peu plus loin encore, " Camille C ou l'emprise de Dieu " d'Henri Caffarel où L'Absolu ne se dit pas aisément puisque Camille C traverse deux nuits mystiques, la seconde ayant duré vingt ans. Ne demandez pas à Dieu de se dire aisément : avancez dans l'opacité nous conseille François Cassingena-Trevedy dans une vidéo-conférence intitulée " le métier de théologien ". Certes, Jean de La Croix au sujet de celui qui chercherait quelque révélation sur Dieu : " Dieu pourrait lui dire : Je t'ai dit toutes choses par ma Parole, qui est mon Fils, et je n'ai plus rien à te dire ni à te révéler " in La montée du Carmel. Ceci ne fait que repousser le problème car l'opacité est aussi Le Fils ou inversement. Elle peut-être tout autre chose pour le commun des mortels, l'homme ou la femme éprouvés dans son quotidien. Quittons les mystiques, Dieu, et descendons dans le terre à terre, l'humus du quotidien avec Maurice Bellet dans " La traversée de l'en-bas ".

Mais qu'est-ce que l'en-bas? C'est la poubelle de l'humanité nous dit l'auteur en citant les chômeurs, les clochards, les alcooliques, les dépressifs... Il écrit aussi : " Toutefois l'en-bas dont je parle est chute et désespérance ". La haine de soi-même puisque l'on est un raté, la haine des autres parce qu'ils ne nous écoutent pas en ce lieu qu'est l'en-bas, la haine du monde entier parce que vue de l'en-bas, la beauté se fait laideur, l'idée devient hors sujet, la bonne action a son envers intéressé - même si c'est inconscient.... Tout est révoltant, tout est haïssable à commencer par soi-même et ceci aussi violemment que possible, et cette violence est une force qui peut devenir un très puissant levier de vie pour se relever et oser le pas de ce jour. Maurice Bellet envisage Abraham partant avec Isaac sur la montagne comme étant dans l'en-bas terrifiant, Dieu semblant être un salaud d'un sadisme sans nom ( j'ajoute ce point de vue, car de l'en-bas, Dieu peut sembler être un salaud ce qui est pire que de le considérer comme non existant)? " Sa ( celle d'Abraham ) foi, s'il faut la nommer foi, en ce voyage vers la montagne de la Mort, c'est que vient vers lui ce qu'il ne sait pas, ce qu'il ne saura peut-être jamais. Juste de quoi, dans la nuit en plein jour, tenir un pas et encore un pas, pour que la vie soit sauve autant qu'il peut, que quelque chose par lui perdure de ce que les humains doivent préserver à tout prix, à tout prix : juste de quoi être encore du côté de ce qui donne, engendre et pacifie plutôt que l'abîme meurtrier de la tristesse. Abraham ne sait pas, ne comprend pas. Il est dans la contradiction dévastatrice : le Dieu qui donne le fils de la promesse le reprend et le dévore. De quoi maudire le Dieu, c'est-à dire, pour Abraham engloutir tout. ". J'aimerais que le point de vue d'Isaac me soit aussi présenté! Tous les deux continuent leur pèlerinage qui conduit en apparence vers la mort et le meurtre. Nous n'avons pas besoin de Dieu pour nous interroger face à la grande détresse parfois invisible pour ceux qui ne la partagent pas.

Maurice Bellet s'adresse à ses lecteurs : " A la parole qui vous tue, vous ne pouvez réagir que par une haine implacable ", la haine visant le meurtre et non le connard qui le commet. Je le cite, à nouveau : " La grande tâche qui s'annonce, c'est d'éduquer des êtres humains qui puissent supporter le chaos. J'entends le chaos intérieur. " " Tout reprendre. A chaque fois tout reprendre. A chaque fois le commencement, la traversée, le but du pèlerinage - qui est un commencement. De commencements en commencements, disait Grégoire de Nysse ". " Sortir de l'en-bas n'est pas s'en aller ailleurs. C'est y être autrement " " La grâce des grâces, c'est dans ce chaos, garder le coeur ouvert ". Je pourrais continuer à citer, me guidant sur une lecture ancienne qui m'a conduite à souligner de nombreux passages mais je vais reprendre ma lecture. Dans l'en-bas, dans le dégoût de soi-même et des autres, dans la haine de la vie et l'envie d'en finit, se trouve une force immense qui permet de marcher, pas à pas, heure par heure, jour par jour, dans l'obscurité du jour, une force pour se relever.

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 11:51

Au fil de ma lecture de " Camille C ou l'emprise de Dieu " d'Henri Caffarel, j'ai, à peine, esquissé avec un crayon à papier des points qui me semblaient importants. Je rappelle que Camille C, chercheur scientifique, brillante dans son domaine de compétences, vient d'une famille athée et hostile à toute information spirituelle. Elle rencontre un étudiant chrétien et ceci la conduit à s'interroger sur la foi catholique qu'elle ignore, bien qu'ayant déjà une expérience mystique où elle s'adresse au " Dieu incognito ". Son point de départ est la prière. Elle ne croit pas que l'action caritative soit première. Elle est seconde et non secondaire, découlant du coeur à coeur des mystiques, ceci étant dans la droite ligne de l'attitude de Mère Teresa. Camille C craint ce qu'elle appelle " la dimension horizontale " où Jésus est un ouvrier... et elle serait sans doute sidérée qu'il soit devenu " migrant ", aujourd'hui. Non, pour les catholiques, Il est Le Fils de Dieu. Je vous renvoie au Prologue de Jean. " Dieu nous aime d'amour infini, nous nous laissons emplir par cet amour et nous devenons alors des moyens d'effusion de cet amour sur les autres " écrit-elle. La rencontre dans la prière silencieuse de Dieu s'est imposée à elle dès l'enfance. Elle a du mal à comprendre certains propos de catholiques. Le lecteur peut s'informer sur Monseigneur Ghika, prince roumain, plongé dans le silence intérieur mais présent dans des bidonvilles tout en exerçant des missions diplomatiques pour Le Vatican auprès des familles royales dont il est issu. Vous trouverez des informations sur internet.

Pour Camille C, la prière comme La Messe sont des cadeaux de Dieu. Il n'est pas question d'obligations. Dans la première, nous sommes reçus en " audience privée ", dans la deuxième, nous participons à " la mort/résurrection " du Christ, mystère insondable. Pour un esprit scientifique, la transsubtanciation est une évidence, en ce sens que " C'EST " ou " CE N'EST PAS. ", propos que j'avais tenu à un prêtre qui disait que Le Christ n'était présent que si l'on y croyait, du haut de mon adolescence athée et j'avais ajouté : " si vous n'y croyez pas, pourquoi êtes-vous prêtre? ". Il en fut bouleversé. Cette réalité n'est pas d'ordre sensible et il ne s'agit pas de sentir. L'Eucharistie est l'actualisation de la mort/résurrection du Christ pour les catholiques et pour les orthodoxes. Ce mystère est inépuisable et je pense que L'Adoration du Saint Sacrement est une voie de contemplation. J'ai déjà écrit ailleurs que je ne comprends pas le pape qui demande de " se rompre pour les autres ", ceci me semblant hors sujet. Je ne veux pas réaborder ce point mais je n'ai pas besoin de la foi catholique pour m'occuper des autres. Il me suffit d'ouvrir les yeux sur la souffrance du monde.

Reprenons l'échange épistolaire entre Camille C et Henri Caffarel. Il comporte un ensemble de points, dont ce qui au plus profond de l'être, chez les mystiques, entre en relation avec Dieu. Au sein d'une zone où se trouve une quête d'Absolu à savoir entendre chez les personnes de tous âges, jeunes et moins jeunes, se situe la vraie personne apte à entrer en relation entre un " Je " et un autre " Je ", thème développé par Martin Buber dans " Je et Tu ". Là, est le centre de la personnalité, et le reste s'organise autour de ce centre. Bergson a étudié la puissance d'action des mystiques qui l'impressionnait. Sa recherche l'a conduit à se convertir. Nous ne sommes pas sortis de la dimension horizontale qui consiste à croire que seule l'action compte, or celle-ci épuise et déçoit tant l'ampleur des problèmes est grande. Aussi est-il préférable de ne pas marcher sur la tête à l'envers. Songez à l'attitude de Gandhi.

Je tombe sur un passage concernant la puissance de l'intelligence synthétique à laquelle j'ajouterais l'intuition ou esprit de finesse selon Pascal. Ce sont ces domaines qui entrent en jeu au sujet de la foi, et dans l'abdication de l'intelligence qui s'incline devant Dieu. Je ne puis développer, à l'instant. J'indique ce qui transforma Etty Hillesum : le besoin de s'agenouiller sans qu'elle en comprenne le sens, acte qu'elle pressentit comme d'une très haute liberté. " Sa foi, on la donne à quelqu'un en qui on a confiance et c'est ensuite qu'on accepte ses idées. Un chrétien croit en Dieu par ce qu'il l'a rencontré en la personne du Christ, puis il a adhéré à sa Parole. De même, un nazi a cru en Hitler, puis il est devenu raciste ". écrit Camille C. " L'idée de Dieu, pure de tout mélange, n'a jamais rien eu à voir avec les idéologies, les fanatismes, les intolérances... " (idem). La suite sera pour plus tard.

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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 13:50

Le bouleversement s'empare de moi en cours de lecture. Indicible beauté que ces mots où se cache un secret dont j'entends, à tort peut-être, l'écho dans la souffrance du monde. " L'oraison, comme j'étais habituée à la pratiquer, devient impossible, la simple prière même. On ne peut pas donner le nom de prière à cette récitation de formules faite avec la sensation très nette que cela ne sert à rien, que Dieu n'écoutera plus jamais. " " Je me souviens qu'un jour j'assistais à un service funèbre. Je me sentais si éteinte, si asphyxiée que comme on chantait le " De profundis ", j'ai trouvé que le psalmiste était bien heureux de pouvoir dire : " Du fond de l'abîme, je crie vers toi, Seigneur! " Si j'avais pu crier, moi ! " ( page 65 : " Camille C ou l'emprise de Dieu " par Henri Caffarel ). L'ouvrage est composé de textes de Camille C et d'analyses de l'auteur qui les présente. Le chapitre où je lis ce qui précède a pour titre : " Portrait spirituel de Camille C". On y trouve les étapes précédant ce que je cite soit la conversion d'une grande scientifique, sa prière fervente où La Grâce Surabonde. J'ignore ce que je cherche dans cette lecture mais je vois, en parallèle, ces photographies de Mère Teresa en noir et blanc pour mieux évoquer sa nuit qu'elle souhaitait que nul ne connaisse, alors que n'émanaient pas du noir et blanc de Mère Teresa mais un Brasier Incandescent. J'en étais captivée lorsque je vivais à Calcutta. Elle ne " faisait pas semblant ". L'intensité de son désir était dans ces braises. Je n'ai pas sous les yeux les écrits de Mère Teresa et ne suis pas certaine qu'il me soit bon de les connaître.

Quelques minutes, interrompue, je reprends ce qui m'a touchée : " que Dieu n'écoutera plus jamais. " Je note d'ailleurs que cette scientifique a la certitude qu'Il a écouté, et c'est beaucoup, et j'ose écrire qu'elle a de la chance car la souffrance du monde passe par " Dieu n'écoute pas. Il est inaccessible, Il est Tout Puissant, Il n'a pas besoin de nous... " et l'on me dira que ce propos présuppose que Dieu existe. Il se trouve que Le Dieu Chrétien n'est pas censé être indifférent, et je me demande jusqu'où descend cette scientifique. En femme intelligente et chercheur, elle se donne la peine de lire " La Nuit obscure " de Saint Jean de la Croix. " Je n'y ai littéralement rien compris. Cela ne m'a aidée en rien. " Elle écrit ailleurs : " J'avais perdu toute intelligence des choses de Dieu. Je n'en comprenais plus ni la doctrine ni le maître. Il me semblait que ce n'était jamais de mon cas qu'il s'agissait. " Ses facultés intellectuelles sont plongées dans les ténèbres. J'ignore si Mère Teresa relève du même registre, et, à nouveau, je sens qu'il est inconvenant de le chercher. Elle souhaitait que tous ses écrits soient brûlés. Camille C ne parle à personne de ce qu'elle vit et n'en manifeste rien. Elle s'étonne : " J'eus la consolation de pouvoir les ( sous-entendu : les autres ) aider spirituellement. On peut étrangement parfois donner aux autres ce qu'on croit ne plus avoir soi-même ". Là, il faut une précision : Camille C a connu la sortie de la nuit, les six dernières années de sa vie. Elle peut donc analyser, a posteriori. Il me paraît encore plus évident qu'il fallait taire l'épreuve de Mère Teresa parce qu'elle n'a jamais pu en transmettre l'analyse. Je note que notre scientifique conseille l'étude pour occuper l'esprit, la métaphysique, la science.... Elle indique que sa foi existe encore, non par elle-même, mais par Dieu. Là, le silence s'impose en moi.

Mais pourquoi suis-je en train d'écrire de telles choses? S'impose un autre fait : Jacques et Raïssa Maritain décident entre seize et dix huit ans de se suicider si la souffrance d'un enfant n'a aucun sens, et si aucun remède ne peut lui être apporter. Pour moi, la souffrance de l'enfant est scandale. Et je songe à la réponse d'Elie Wiesel en camp de concentration à un déporté interrogeant : " mais où est Dieu? ". " Il est là " dit-il en montrant un jeune homme pendu. Etrange et révoltant. Je poursuis ma lecture et les mots de Camille C ressemblent à ceux de Thérèse d'Avila dont je n'ai qu'un petit recueil de poèmes dont le titre est peut-être : " Je vis mais ce n'est plus moi qui vit en moi ". Elle pourrait dire la même chose avec le verbe " aimer ". Et bien, Camille C semble le dire. Je n'y comprends rien et suis un peu révoltée, ceci me confortant dans l'idée du danger d'avoir publié les écrits de Mère Teresa! J'espère qu'elle aimait elle-même : je l'ai perçue ainsi. Il s'agit peut-être d'une adhésion intérieure à une musique du coeur qui devient force motrice. Maurice Bellet évoque L'Opacité Divine, cite aussi " Nuage d'Inconnaissance " d'un auteur ignoré, dans des entretiens chez des dominicains en Belgique. J'ai commencé à écrire à cause de la souffrance du monde entendue en écho à mes lectures, celle-ci incluant aussi la mienne sur laquelle j'interdis toute interprétation psychologique hors sujet. Je n'ai pas le temps de m'attarder sur moi-même. Voici que je retombe sur la souffrance de Dieu, ce qui peut paraître fou, cette souffrance de n'être pas aimé y compris par les chrétiens. J'ai trouvé ce thème dans une autre citation, il y a deux jours et ceci m'a touchée profondément, même si je n'y comprends rien, bien entendu! L'art se contemple, ne se saisit pas. Pas un mot pour conclure car il n'en existe pas. J'ai besoin d'une pause. Si quelqu'un me lit, qu'il respecte ceci et n'en fasse nul usage.

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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 16:34

Salut Guy,

T'écrire m'est possible et je t'enverrai peut-être une lettre mais je commence par cette esquisse après avoir lu deux de tes ouvrages : " La famille, trésor pour notre temps " splendide et un autre : " La foi ". C'est sur celui-ci que je veux te dire ce qui m'a touchée et que j'ai souligné.

Soit le monde n'a aucun sens " soit le monde est la création d'un Dieu qui nous aime, qui a un plan pour nous... ". Je ne cesse de m'interroger sur le sens de ma vie et il me semble croire que Dieu m'aime. Sans doute n'en suis-je pas assez convaincue. Tu cites Saint Jean : " Dieu est Amour ". " Dieu est l'ami qui est toujours là, qui ne se barre pas ", l'ami ou l'amant que vous n'avez jamais eu. " La foi consiste d'abord à se dire que Dieu m'aime avant que je L'aime moi-même ". Tu évoques un amour inconditionnel soit tels que nous sommes avec nos qualités et nos défauts. Tu cites la belle prière ; " Aime-moi tel que tu es ". Je ne puis le faire, ici. A partir de ta lecture de Saint Augustin, tu écris : " Pour se connaître, il faut d'abord s'aimer " (vrai pour soi-même et pour les autres).

Tu parles beaucoup de la prière, de la nécessité d'en prendre le temps, seul et en famille, un temps qui n'est pas volé à l'action mais dont celle-ci résulte et tu sais de quoi tu parles! Tu nous proposes de garder une phrase par jour dans les lectures que propose L'Eglise. Pour les fauchés, on trouve des calendriers avec les textes du jour à un euro à La Procure, et après ouvrez vos bibles ( c'est ce que je fais donc j'ajoute ce conseil ). Tu nous dis de recopier cette phrase et de la garder sur un objet que nous utilisons souvent, soit pour toi, ton paquet de clopes! Tu évoques une belle prière de loubard pour ton chien Vagabond, victime d'un accident de voiture, et qui se remet à bouger, humour et amour de Dieu, dis-tu, les deux étant, en fait, très liés!

" Au sens étymologique, le mot miracle signifie : " qui provoque l'émerveillement " ". Tu parles beaucoup de l'émerveillement et de cette première marche de la contemplation même chez ceux qui se disent athées. Je le confirme en tant que sculpteur et en tant que femme fascinée par le désert.

" On s'aperçoit que, dans notre Etat Laïc, la religion catholique est systématiquement dénigrée ". Mais il ne suffit pas de gueuler sur ce point! Tu as tout un passage nous demandant si nous avons honte de notre foi quand nous n'en parlons pas ou que nous ne la manifestons pas en acte, faisant référence pour les actes à L'Abbé Pierre, notamment. Tu évoques d'autres grandes figures catholiques comme mon amie Soeur Emmanuelle et Mère Teresa avec qui j'ai travaillé. " Transmettre ( sa foi ) est associé à authenticité et respect. " Et tu cites, Maurice Zundel : " Ne parle que si l'on t'interroge, mais vis de manière qu'on t'interroge. " Tu as horreur du prosélytisme et le dis. Tu donnes une étymologie de religion avec l'idée de " relier en aimant ". J'aurais souhaité que tu développes cette étymologie, en raison de caricatures que tu déplores, le premier.

Au sujet de L'Abbé Pierre, tu écris que l'humanité se sépare en deux parties, ceux qui détournent le regard devant la souffrance et ceux qui luttent avec ceux qui souffrent pour se libérer de la souffrance. A nous d'entendre. Souffrir de la souffrance d'autrui est ce que l'on nomme " la compassion " : je me permets d'ajouter cela. Madame de Sévigné écrivait à sa fille : " J'ai mal à votre poitrine ". Nous avons de quoi agir à plusieurs niveaux. Tu ne peux pas dire aisément ta foi au milieu des loubards qui en ont trop bavé pour entendre et c'est ton action qui sera témoignage, ton regard, ton écoute, ton hospitalité du coeur ce qu'est une vraie écoute ( cf " L'Ecoute " de Maurice Bellet ), tes actes concrets d'amours. A chacun d'agir selon ses dons, nous dis-tu.

Tu nous invites à rentrer dans l'humanité du Christ par une lecture des regards, gestes, attitudes du Christ dans L'Evangile. Se représenter la scène est également conseillé par un prêtre qui a bouleversé ma vie, Le Père Caffarel. On peut trouver ses enseignements, en partie, sur internet, via un site : " www. oraison. net ". Cliquer sur enseignements après être entré et sur Père Caffarel, et l'on trouve un enregistrement de cinq soirées sur la prière, avec une très belle lecture de l'évangile de la femme adultère. Tu parles de la tendresse et de l'infinie exigence du Christ dans l'évangile qui devrait être notre premier livre de vie, et qui touche beaucoup de personnes qui ne se disent pas catholiques. Ton livre se termine sur un résumé de conseils concrets. Merci pour cet ouvrage, Guy. Elisabeth.

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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 06:20

Qui sait ce qu'est un poids normal? Je maigris en raison de soucis et de difficultés financières. Presque rien ne passe, hormis l'eau. Tenir avec le strict minimum malgré les nausées physiques et sartriennes : je précise qu'ayant subi une lourde intervention chirurgicale, je dois être aussi mince que possible pour éviter un poids dangereux pour l'ossature. Je lutte depuis plus d'une semaine contre des douleurs dentaires et manger est une épreuve. Mon chirurgien s'inquiète de ma dentition : moi-aussi! Des soucis financiers limitent l'étendue des soins à envisager. Il convient d'enrayer tous risques infectieux. Je vois ma dentiste, aujourd'hui : j'espère qu'elle stoppera les douleurs en arrachant dent et racine, si nécessaire. Je dépéris sur fond d'épuisement et d'amaigrissement progressif dont j'ignore ce qu'il faut penser. Dans mon cocktail de mes formations, s'en trouve, une, en nutrition portant sur le monde entier. Comme l'ensemble de mes études doctorales, j'ai tenu à opter pour une orientation concernant les pays pauvres ainsi que les personnes défavorisés dans des pays dits riches. Mes recherches ont toujours suivi cette direction qui m'habite depuis mon rêve d'être journaliste internationale, métier pour lequel Sciences Politiques de Paris offrait une formation adaptée dans sa section dite internationale. En ce temps-là, je n'étais pas majeure, et mes parents ne voulaient pas me voir prendre des risques dans Paris ou la ville de perdition. J'aurais habité chez un frère de ma mère et sa femme, tous deux étant profondément heureux de rencontrer leurs neveux.

Ma ville provinciale n'était pas sans danger... A l'université, j'ai opté pour l'économie dans l'espoir d'une étude sérieuse des systèmes économiques touchant les pays pauvres. En outre, les mathématiques et le droit m'étaient très familiers. J'y réussissais sans effort. J'évoque ces points dont le premier explique que je fusse enseignante en mathématiques en zone sahélienne. Le deuxième point explique que m'aient été données plusieurs missions juridiques, demandant une méthode que j'avais acquise dans un centre de recherche . En effet, je travaillais dans ce centre de recherche, sans avoir eu une aide de mon père pour obtenir ce poste dont l'annonce figurait dans les journaux. Affectée au département économique, je n'avais aucun contact avec mon père au sujet de mon labeur. Il me fallut remplacer le chef du département économique alors que j'avais vingt ans, soit à l'époque où j'étais en troisième année de Sciences Economiques. En ce temps-là, la licence de droit comme celle d'économie se passait en quatre années. Ultérieurement, nos diplômes avaient un tampon indiquant la validation d'une maîtrise. Mon université était marxiste. Nous étudiâmes, de manière intense, " Le Capital " de Karl Marx. L'analyse proposée dans cet ouvrage est très précise et bonne. Elle fut complétée, sur le plan international, notamment, par Rosa Luxembourg. Je ne me prononce pas sur les autres livres de Marx : " Le manifeste du parti communiste " est une folie politique dont les méfaits ont été révélés par ceux qui furent expulsés de leur pays. Ma ville de province n'était pas sans risque. Je m'étais engagée dans la politique,me sentant proche des théories de l'autogestion dont j'ignore si elle ne relève pas uniquement de micro-projets. Ma petite ville n'était-elle pas dangereuse? Nos comités de grève étaient studieux par nos travaux de recherche sur l'amélioration de la pauvreté mondiale. Nous l'étions, également, par une étude suivie, intense, pour la réussite à l'examen que nous avons obtenu avec mention ( 13 à 15 sur vingt sont ce qui ouvre la porte de de la mention assez bien. Au-dessus de mon stade, il n'y avait que deux ou trois personnes, ayant obtenu la mention bien.) Notre entraide passait par une solidarité au sujet des étudiants dont certains n'osaient pas entrer dans la recherche. Nous ne pouvions pas aider tous les étudiants, et j'avoue, n'avoir pas compris leur fuite vers les pistes de ski, sans inquiétude pour leurs examens. Ma ville de Province était-elle sans risque? La drogue se propageait. Les aumôniers avaient perdu leur tête, nous parlait de la sexualité dont nous pensions qu'ils ignoraient tout. Ils évoquaient les groupes, monde des banlieues dont nous ne venions pas.

N'ayant pas dormi, et ayant des douleurs diverses, j'ai les nerfs à fleur de peau! Heureusement, ma dentiste est très sympathique et saura me guider si elle n'a pas le matériel nécessaire. Ma dentiste enseigne à L'Ecole Dentaire.

Mais revenons à cette jeune femme amoureuse et exerçant des fonctions, souvent, inférieures à son niveau professionnel et à celui de ses diplômes. J'indique que le parcours doctoral de L'Ecole des Hautes Etudes afin que tous sachent que le DEA se préparait en deux années, ce qui était logique eu au fait que nous devions lire un ouvrage par jour, élaborer un plan de thèse en sus du mémoire du DEA. Il s'agit d'une grande école et non d'une université. J'ai revu ultérieurement, mon directeur de recherches dans un colloque à L'UNESCO. Mais retournant, en arrière, dans la jeunesse, je me souviens de l'état de mon frère préféré après qu'il ait rencontré Le Père Caffarel. Il était métamorphosé, ayant comme oublié son flirt avec Moon. Je l'avais abordé, en plaisantant, puis, le voyant, je lui ai demandé les coordonnées de son prêtre... Mes parents adeptes de la cité provinciale croyaient contrôler cette affaire, qui n'était pas gravissime, bien entendu. Mon frère se cache par pudeur. Il cherchait une fierté d'homme, le respect d'autrui (il fut maltraité au service militaire, en raison de sa timidité, en raison de sa maigreur). Mais, je dois le quitter pour centrer davantage cet article.

J'ai évoqué dans mes derniers articles mon engagement à vivre dans les bidonvilles, pour être proche de ceux que je soignais et pour être plus proche des sans abri. Togo ( Nord ) à l'approche de la frontière du Burkina Fasso. J'étais très proche de Soeur Emmanuelle. Nous prîmes beaucoup de fous rires devant des signes cocasses. Epuisée, je vais devoir raccourcir l'article. La formation du terrain et celle de la recherche sont à mener ensemble. Juste un détail : au Togo, je vivais dans une case au milieu d'une soukala autour de laquelle sont construites les cases.

Immense fatigue, et un effroyable isolement que le manque d'argent complique. Hospitalisée quatre jours en chirurgie, il me fut demandé d'aller au centre de rééducation après ces quatre jours. J'ai atterri sur un brancard et, ai depuis cette époque, à au moins 80% constaté la réussite de cette opération.

Encore un mot : j'ai entendu une émission sur Alix de Saint André, au sujet du pélerinage dont elle a indiqué les joies, les épreuves, les rencontres. Elle vient de publier chez Gallimard : " L'Angoisse de la page folle ". Elle eut une réaction incomprise des praticiens auxquels A de St A leur expliqua la nature de sa douleur. Il manque des guérisseurs de l'âme. J'envisage de m'offrir ce livre...

Pardon : je ne suis pas en état d'aborder les sujets à fond.

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 14:50

L'exercice est difficile. Le sujet déroutant pour certains lecteurs.Je suppose que ceux qui tenteront de contempler mes mots, mes évocations, savent que les catholiques et les orthodoxes que je connais moins bien croient en La Présence Réelle dans ce qu'ils nomment L'Eucharistie. Pour eux Le Christ est totalement là dans L'Hostie comme dans Le Vin Consacrés, malgré les apparences qui peuvent fort bien faire considérer à mes lecteurs que c'est une histoire de fous, et au fond, ils ont raison. Il faut être fou pour y croire. Admettons que cette folie soit la foi des catholiques. Ce " truc " est Dieu!? Nom d'un chien! Entièrement d'accord! Rassurons-nous : ce n'est pas toujours évident pour les catholiques, mais quand ils y croient, ils sont comme happés par ce disque blanc qu'une de leurs coutumes consiste à Adorer, soit à ne pas approcher, à ne pas toucher " Noli me tangere " ( " ne me prends pas " comme le dit Le Christ à Marie de Magdala lorsqu'Il lui apparaît ressuscité ). Je précise que ne se prend pas ce qui se donne, sujet abordé dans ce blog au sujet du péché des origines.

Si ce " truc " est Dieu, il y a de quoi être impressionné, saisi un peu comme devant L'Infini Saharien. La contemplation d'une oeuvre d'art nous bouleversant peut indiquer une direction dans ce saisissement relevant d'Une Crainte qui n'est pas de la peur mais la confrontation avec L'Infini. Si ce " truc " est Dieu l'adoration ne sera jamais assez longue et le manger semble presque sacrilège. Effectivement, cet acte dit de communion fait entrer l'être dans une profonde gravité et la stupeur que se donne ainsi Le Christ Ressuscité. J'invite ceux qui me suivent à tenter de retrouver mon article sur le poème de Senghor sur " Les Hosties Noires ". Il y avait des commentaires intéressants dont celui de Clovis Simard - blog fermaton - mathématicien, disant en substance : " la résurrection, c'est évident ". Je vous conseille ce blog d'overblog bourré de formules mathématiques en écho aux religions.

Nul n'entre facilement dans la folie consistant à croire que ce " truc " est Dieu. Je voudrais citer une lettre d'une femme chercheur scientifique, élevée dans l'athéisme, lors de sa première communion : " J'avais été baptisée la veille au soir, et le lendemain, par une triste matinée de novembre, dans une froide et laide chapelle... seule avec mon fiancé (je précise qu'il était catholique) et la religieuse qui était ma marraine, au cours d'une messe basse expédiée par un père jésuite, je communiai pour la première fois. Jamais, je n'avais été aussi mal disposée... Et pourtant, dès que l'hostie eut touché mes lèvres, j'eus la révélation subite de L'Amour total, je me sentis morte à tout, sauf à cette fournaise qui me brûlait. Cela me faisait très mal et me rendait pourtant heureuse au-delà du possible. On m'avait appris à faire une action de grâces. Il en était bien question! Jésus m'avait prise si totalement que je me sentais comme vidée de moi-même. Je fus d'abord comme hébétée, puis, comme un voile se lève, je vis dans une clarté fulgurante, avec une certitude qui dépassait la foi, que tout était vrai, merveilleusement. " in " Camille C ou l'emprise de Dieu " d' Henri Caffarel que j'ai connu personnellement. Ce saisissement et cette stupeur sont dans le registre de ce que j'éprouve. Il devient alors impossible d'entendre sans être choqué que " Le Christ invite à se rompre pour les autres " comme l'a dit le pape. Ce n'est pas parce que La Grande Hostie du prêtre est " rompue " que les mots du pape ont un sens pour qui est totalement saisi comme devant L'Infini Saharien. Le saisissement est trop fort et les propos semblent désacraliser " le truc " qui est Dieu quand on vit l'expérience de Camille C. Le Sahara est Silence Habité... Mes derniers articles ont évoqué un débat sur facebook qui me met mal à l'aise. Le pape m'a choquée mais j'ai peut-être tort. J'en reste au Saisissement Contemplatif. Si ce " truc " est Dieu, ne le désacralisons pas. Pour le lecteur qui trouvera le sujet ardu, incompréhensible, le propos inaudible pour un non croyant, je le comprends totalement. C'est une histoire de fous. L'art contemplé par le sculpteur que je suis, le saisissement que j'ai éprouvé en plein désert ne me permettent pas d'entrer dans le registre du pape. Et s'il y a quelque chose à comprendre dans ses propos, je ne puis le rejoindre. Merci de respecter cette esquisse inévitablement maladroite.

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  • : Le désert est mon refuge : en lui, je ne crains rien.Hommes et femmes posant en atelier prennent vie dans l'argile ocre où je les rejoins. Artiste, chercheur, nomade, fidèle, dotée d'une grande soif d'Absolu.
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