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24 août 2017 4 24 /08 /août /2017 20:50

Très Saint Père,

Vous avez pété les plombs! Serait-ce parce qu'en Argentine, vous n'avez aucune idée du fondamentalisme islamique? Vous nous mettez à l'épreuve : les catholiques s'entretuent mais surtout, Très Saint Père, les convertis originaires de L'Islam et devenus catholiques sont tentés par une mouvance intégriste catholique dont ils ignorent tout : comment voulez-vous qu'ils comprennent ce qui est né après Le Concile Vatican II, non par erreur dans les textes dudit concile, mais en raison d'une vaste pagaille dans les idées en vogue, notamment en Occident. J'indique à ceux qui me lisent une vidéo-conférence de Bernard Peyrous sur Pierre Goursat qui évoque fort bien en peu de temps l'évolution de la pensée en Europe? Bernard Peyrous, prêtre, est assez drôle et n'entre pas dans le " trop plein " au sujet de Pierre Goursat, en cours de béatification comme beaucoup d'autres personnes. Il n'en fait pas le fondateur de la communauté de L'Emmanuel mais le présente comme premier modérateur : en effet, le personnage très humble ne devait pas se présenter comme fondateur.

Très Saint Père, j'ai un problème quand je découvre qu'un article qui me semble ajusté face au danger pour la sécurité européenne vient du journal de l'action française dont il parait que l'excommunication aurait été levée en 1939, ce qui est étrange mais indique sans doute la peur du communisme. Le nazisme, le stalinisme, le maoïsme... Combien d'horreurs ont été commises au nom de ces idéologies? Mais, aujourd'hui, il y a une interprétation fondamentaliste du coran et des hadiths extrêmement dangereuse. Ce n'est pas la seule cause des guerres mais les convertis d'origine musulmane ont peur.

Très Saint Père, vous voulez peut-être ma mort mais je crois qu'elle ne sera pas utile et puis, nous avons plus besoin de prier que de disparaître! Alors, aidez-nous, de grâce! Pour ceux qui me liraient, j'indique une vidéo splendide intitulée " J'entrerai au ciel en dansant " qui conte la vie de Cyprien et Daphrose Rugamba victimes du génocide rwandais parce qu'ils appelaient à l'amour, à l'unité entre les trois ethnies du Rwanda : hutus, tutsis, " touas ". Heureusement qu'il y a des gens comme cela en ce monde et comme leurs frères qui se réconcilient depuis des années. C'est admirable. Cyprien et Daphrose ont fondé la communauté rwandaise de L'Emmanuel et elle est très belle : en Afrique, danser et prier v ont ensemble.

Très Saint Père, écoutez-vous les conseils des Chrétiens d'Orient? Ils ont une peur légitime et d'ailleurs, peu d'entre eux viennent en Europe car L'Europe semble avoir perdu la foi. Pour ceux qui me lisent, il y a le clip de Natalie ( prénom italien ) Saracco " Si le monde savait " sur facebook, twitter, you tube. Il y a plein d'espérance dans ce clip! Que dire de plus, Très Saint Père? Vous n'écoutez pas les européens. Je ne vous veux aucun mal mais vous n'êtes pas infaillible sur ce genre de questions, alors... Veillez, je vous en prie sur notre soif de prière. Très Saint Père, je vous quitte car je suis épuisée! Je ne comprends pas un mot de vos propos : ne m'en voulez pas! Comme le disaient mes mais égyptiens : " on finira tous au trou" ! Je ne suis pas sûre qu'il soit urgent d'aller au trou mais vous nous dites que notre sécurité n'a aucune importance : c'est plus qu'étrange!!! Peut-être un peu délirant et je l'écris, là, où je ne serai peut-être pas lue, et non sur les réseaux sociaux. Que Dieu me donne la force de vivre chaque jour, au jour le jour.

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Published by Elisabeth de Hautségur
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20 août 2017 7 20 /08 /août /2017 15:34

Monsieur, Madame,

Il me faut, tout d'abord, vous remercier pour le fou rire qui a explosé dans la cour de l'immeuble et ne cesse plus! Il m'arrive de manquer d'imagination et je n'avais pas prévu que vous fassiez, en sorte, que je n'ai pas accès à l'eau de la copropriété dans la cour! N'écoutant que mon devoir : " tel père, telle fille ", " telle mère, telle fille "! Ils ont pris un fou rire au ciel : je vous le garantis!!! J'ai donc remonté mes cinq étages et suis descendue  avec six bouteilles d'eau dans mon sac à dos! Que croyez-vous que j'ai appris dans les pays chauds? En Afrique, je puisais mon eau et je sais encore faire : un premier coup avec le seau, juste pour le remplir un peu, un deuxième coup pour qu'il remonte plein d'eau, sans poulie, avec l'huile de coude, chers amis!!!

Descendre six litres d'eau dans un sac à dos  et remonter avec un sac à dos sans eau : quel luxe!!! Vous ne vous rendez pas compte! Vous ne connaissez pas la vie! Et, voici, que le souvenir cairote se présente à mon hilarité : Sylviane était descendue pour mettre le tuyau d'eau sur le robinet et j'étais chargée de remplir les réserves au quatrième étage. J'attendais, supposant que Sylviane mettait du temps et une femme hurlait " Ya Mustapha ", " Ya Mustapha "! Je vis Sylviane remonter, étonnée que je ne le lui ai pas demandé. " Ya Mustapha, ya Mustapha "! Alors prise d'un fou rire, j'ai dit à Sylviane : " Ecoute où est l'eau! Tu t'es trompée de tuyau!! " Double fou-rire! " Ya Mustapha, ya Mustapha "! Sylviane est redescendue dignement et nous avons pris le bon tuyau!!!

Vous ignorez à quel point je suis comédienne et je me fais une joie de raconter cet épisode à ceux qui savent rire car je crains que vous n'ayez pas le sens de l'humour. " Papa, la poire devait prévoir de l'eau : je n'ai pas songé à ce détail croustillant! Ils sont complètement fous!!!" Je continuerai avec jubilation la descente de mes six litres : ma capacité de provocation est sans limite!!! J'ai porté des seaux d'eau du quartier voisin du Caire pour faire réagir Soeur Emmanuelle au bidonville : " Chérie, que fais-tu? " " Je remplis nos réserves d'eau "! " Chérie, il faut que je demande à un homme de le faire! Tu n'as pas le temps de faire ton travail ". C'était le but recherché!!! Alors, Emmanuelle, vous partagez le fou rire de mes parents, Là-Haut? " Chérie, je me suis toujours fait rouler " " Rassurez-vous, moi-aussi : ce doit être une histoire de poires !!!! "! Merci à tous et vivent les poires!!!

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20 août 2017 7 20 /08 /août /2017 14:21

Monsieur, Madame,

En termes de mépris, j'ai une solide expérience mais j'ai de la compassion pour ceux qui, jadis, voire aujourd'hui encore, m'en font souffrir. Je connais tous les mystères de ce triste drame dont on peut tenter de se relever - ce qui est une erreur - par une histoire que j'eusse aimé connaitre par un roman et non par un proche, un cri de détresse qui, au lieu de pousser son " aimez-moi comme je suis " se traduit en  " je suis appelé à régner " ce que l'intéressé sait faux et idiot! Je regrette qu'il n'ait pas trouvé par sa foi une réponse grâce à L'Estime Inconditionnelle de Dieu, mais il n'est pas trop tard, et je vais peut-être demander à quelque saint de donner un coup de pouce à ce désespéré. La philosophie et l'exégèse répondent sur la valeur intrinsèque de tout humain!

Puis-je, néanmoins, pousser mon coup de gueule, ici, puisqu'en face de vous, je devrai me taire pour avoir la paix? L'on me dit que votre grand-père se serait enrichi grâce au marché noir pendant la guerre de 39-45 : je vous laisse, encore, l'hypothèse d'une information erronée qui m'aurait été transmise! Si cela est vrai, je vous présente une cohorte de résistants de ma famille dont plusieurs sont morts durant la guerre, et quelques rescapés sont morts de maladie ou de vieillesse. Je suis tellement dégoûtée que je n'entre pas dans les détails. Je songe à mes parents et à mes grands-parents  : que n'ont-ils pas fait durant la guerre? Abriter ceux qui devaient se cacher, fabriquer des faux papiers en demandant au curé des faux certificats de baptême, faire parvenir du ravitaillement en cachette.... Beaucoup d'autres l'ont fait : la dignité et l'humanité l'imposaient!

Pour vous, pauvres imbéciles, je ne suis rien mais vous n'êtes rien pour moi! La duchesse d'Haulencourt aurait parfaitement caricaturé ces parvenus que vous êtes sans même s'embarrasser du grand-père, peut-être expert en marché noir! Ainsi, pauvres idiots, vous méprisez tous vos voisins pour un immeuble qui aurait appartenu à votre grand-père, Monsieur! Jadis, j'appris qu'il était charcutier alors que je dînais avec un jeune couple habitant au-dessus de chez moi : nous prîmes un fou rire sur la réussite de la vente du saucisson!!! Marché noir ou pas, il n'y a pas de quoi être fier et nulle raison de mépriser autrui, sans oublier le racisme envers mes voisins de palier qui sont charmants!

Mais, venons-en aux faits! Un couple ( ma mère préférait le mot " ménage " mais il se trouve qu'il a perdu son élégance, actuellement ) marié, d'âge respectable, charmant, parents et grands-parents, m'a demandé d'arroser ses plantes durant l'unique mois de vacances qu'il peut prendre. Il n'est pas du tout de mon style de refuser ce genre de choses! Ils m'ont invitée chez eux et nous avons conversé. Ils vous avaient dit qu'ils me demanderaient ce service pour lequel ils veulent me rémunérer mais je leur ai répondu que je le ferai par amitié. Jaloux ou ? J'ignore même ce qui traversa votre tête, vous, Madame, vous eûtes cette phrase : " Alors, elle arrosera toutes les plantes "! Comme vous êtes riches, vous avez pris des vacances et j'ai vu une accumulation de plantes devant la fenêtre de mes voisins qui habitent au rez de chaussée. Je fus prise d'un fou rire!!! Je n'aurais jamais imaginé une chose pareille et je n'aurais jamais osé agir ainsi! J'ai arrosé vos plantes comme toutes les autres sans savoir quelles étaient celles de mes voisins si amicaux! Vous ne m'aviez même pas laissé un mot dans ma boite : certes, je n'en suis pas digne! Et voici, qu'étant rentrés, vous avez remis vos plantes de votre côté, sans même glisser un mot de remerciement dans ma boite! J'en ris tant c'est énorme de grossièreté et de bêtise! Je savais que vous n'étiez pas intelligents mais pas au point de ne pas avoir un geste délicat envers quelqu'un dont vous pourriez attendre quelque aide pour quelque baliverne de copropriété. Il est vrai que je ne suis que la fille de mon père parti en Dieu, il y a plus de quatre ans! J'habite chez lui qui aurait également pris un fou rire devant une telle attitude! Mon père n'était pas snob mais il n'aimait pas les parvenus!

Papa, entre nous, pouvons-nous rire encore un peu? Vous souvenez-vous de notre échange au petit-salon? " Enfin, Papa, ce n'est pas à vous de gérer les affaires de Tante Suzanne ( elle était centenaire )! Vous n'êtes pas à la retraite et vos beaux-frère sont à la retraite ". Votre visage s'illumina d'hilarité et j'entendis : " Sais-tu ce qu'est un bon chrétien? " Mon regard guettait la réponse dans un rire déjà partagé.... " C'est une variété de poire ! " Fière d'être poire, j'assume mon arrosage et vais m'occuper des plantes de mes amis, du haut de ma dignité, et non sans talent théâtral, présent dans notre famille, et qui donne une saveur au quotidien qu'hélas, je crains que, Monsieur, Madame, vous ne connaissiez pas! Il est si bon d'être poire! C'est un péché succulent : je me demande si Julien Green y a songé dans un de ses romans où " le fruit défendu " est une sorte de calvaire dans lequel l'ange déchu adore ( je fais exprès d'utiliser ce terme ) nous voir nous vautrer. Mais le péché d'être poire en riant d'autrui est exquis et j'y succombe!!!

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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 16:01

Mon si grand Ami,

Vous seul sauriez me répondre et voici que je vous lance un étrange SOS, une bouteille à la mer ou, en l'occurrence, au ciel, où l'on est délivré de cette " vallée de larmes " que chante Le Salve Regina. Il n'y a nulle complainte en mon propos mais un combat. Qui ou quoi prend possession de mon être? J'ai évoqué " le trouble " tel qu'en parle Julien Green dans l'article précédent, et " le trouble " devenait " quelqu'un ", non une personne puisque ce qui fonde la personne est la relation et que la relation est amour ou n'est pas. Or, ce " quelqu'un " ne veut que détruire et je suis une proie facile mais il ne m'aura pas! Combien de fois ai-je été sauvée? Nul délire dans mon propos que je n'expliciterai pas par pudeur, mais cette " nausée " de Sartre est un poison que je hais, qui cesse d'exister face à L'Infini Saharien. Jadis, j'ai écrit sur Le Targui, personnage Christique. Alors que je vous écris, Mon Ami, je vois Le Disque Blanc qui foudroya André Frossard. Il aimante et s'éloigne, il aimante et se tait, il aimante et terrasse, il aimante et cache Son Sang si bien que le risque de notre inconscience se mêle à notre fascination, mais les mots font défaut.

L'on voudrait commettre les péchés que semblent solliciter certains prêtres, quelques pécadilles charnelles mais elles ne sont que distractions pour fuir " le trouble ", " la nausée ", l'absurde qui peut conduire à n'importe quelle idée saugrenue. Qui peut comprendre que par affection pour comprendre autrui, j'eus l'étrange idée de payer un homme afin de lui imposer : " tu vaux 100F ". Pas un centime de plus! Il failli en avoir un choc, cet étudiant de sciences politiques, car il comprit mon geste et nous dûmes converser pour qu'il accomplisse son devoir pseudo-conjugal! Un fou rire m'accompagna en allant chez lui comme en sortant de chez lui. L'acte était idiot, vécu pour le penser, et comprendre les confidences d'amis. Je dis : confidences d'amis et non d'amants! C'est bien l'amitié qui guida cet acte dont je ne parle que parce que l'on me demandait du croustillant en confession, tant et si bien que j'ai renoncé à ce genre de pratiques. Je ne demande pas de bénédiction pour ce genre d'ânerie mais c'est comme anodin face aux tentacules du désespoir de ceux qui cherchent le sens de leur vie.

Mon Ami, me suis-je égarée? La plume le peut comme la main qui sculpte, et d'ailleurs, il y a chez Julien Green une idée fascinante au sujet du péché que peut comporter la rédaction d'une oeuvre comme je le pense, aussi, l'acte de sculpter qui peut se concentrer sur le trouble qu'inspire le modèle et non sur le regard d'estime inconditionnel porté sur lui. Les personnages d'une oeuvre littéraire émanent de nous, de nos instincts, de nos troubles, de nos passions mais aussi de notre élan vers l'absolu sans lequel Bernanos n'aurait pas écrit. Mais je m'égare encore comme si ma pensée se cherchait. Il arrive en ce monde que tout soit sans saveur, que l'on erre, répétant sans se savoir entendu : " je ne comprends pas le sens que cela a ". Ainsi errait mon père, ce saint homme mystique. Que cherchait-il? Soudain mon affection pour lui surgit au souvenir de nos échanges lors de sa dernière année dans notre vallée de larmes. " Que se passera-t-il si je meurs? " " Un drame dans le monde " ( titre d'un roman passé de mode ). Double fou-rire! Il suffit d'un rire pour rendre la vie! Dans quel monde vivons-nous? Histoire d'attentats pour fabriquer " un drame dans le monde " au lieu de mourir bêtement de l'usure du corps! Cette affaire d'attentats est la nouvelle mode pour se cacher de la peur de la mort ou plutôt du vieillissement. Ce dernier est le plus terrifiant : la carcasse n'obéit plus comme jadis, et notre monde l'interdit au nom de la rentabilité économique.

Mon Ami, me suis-je encore égarée? Voyez-vous, il me faudrait un rire, des cascades de rires, la messe du Couronnement de Mozart, son Jubilate, son Exultet, ce divin accessible en ce monde, et l'appel des oeuvres de Rodin, de Camille Claudel en genre plus sombre mais " le trouble " y transparaît, de Michel Ange... Revenons à Camille Claudel. Vous aimez Paul Claudel et ce m'est difficile. Le personnage est épouvantable. Aurait-il été égoïste? Mais qui suis-je pour juger? L'oeuvre tient du génie, il est vrai. Etrange converti qui n'est pas un saint mais qui suis-je pour en juger? Mon si grand Ami, vous savez ce qui me répugne chez Paul Claudel et ce que j'interdis de faire à.... Je ne pourrai pas l'empêcher : parlez-en à mon père. Ensemble, nous luttions pour que l'humanité triomphe face à un appel à l'amour, presque appel à la mort de par son excès, qui prit des formes que j'eusse aimées situées dans une oeuvre littéraire. Et cette oeuvre aurait eu le fiel de Mauriac pour ceux qui blessèrent ce coeur transpercé ( il s'agit bien, ici, du coeur d'un humain que je connais personnellement ).

Mon Ami, me suis-je encore égarée? Vous étiez adepte du silence mais nous avons si souvent conversé, marchant côte à côte, savourant la nature en toutes saisons, et nos propos étaient passionnés. Encore jeune, je laissais ma colère et mes questions sortir sur le catholicisme, et vous me répondiez avec enthousiasme - au sens étymologique du terme ( théos : dieu ). Vous me répondiez intelligemment, acceptant mes hypothèses en m'offrant d'autres perspectives. Il m'en souvient : devant l'ampleur de la création visible et invisible suggérée se dessinait un monde proche de celui de Pascal. Un sourire pour vous : il me fallut préciser Blaise Pascal sur un réseau social et je vous avoue en avoir été estomaquée! Vous n'avez pas connu ces réseaux sociaux : ils vous auraient déçus. Vous y auriez laissé quelque propos de sage. On vous a même créé une page facebook, d'ailleurs très sommaire, beaucoup trop sommaire, même si vous voulûtes disparaître sans laisser de traces. Je vous dois un aveu : je n'aurais pas brûlé toutes vos archives, brûlé tous les documents personnels et toutes les correspondances personnelles, mais pas ce qui s'apparentait à des informations  sur la route que vous proposiez de suivre.

Mon Ami, me suis-je encore égarée? J'aurais voulu que vous me répondiez au sujet de ce que Julien Green nomme " le trouble ", de ce que je compris au sujet de " la nausée " de Sartre, jadis, de ce " quelqu'un " dont nul ne peut parler ou ne veut parler mais je crois qu'il s'agit d'un non-savoir. Benoit XVI évoque une " non-personne " ( je n'ai plus la certitude du terme allemand ), mais il est, bien loin des chouettes des icônes byzantines. Sans doute, avais-je raison dans mon texte sur " le fruit défendu " dans un atelier d'écriture : " Ne regarde que Le Visage " disais-je à mon amant qui voulait dompter " le fruit défendu " comme la drogue que nous nous partagions. Il s'agirait donc d'une conversion du regard, d'une métamorphose qui habiterait chaque nanoseconde de ma vie. N'oubliez pas, Mon Grand Ami, qu'il vous ait permis de faire un miracle.                                    Votre amie durant quarante deux ans et pour toujours.

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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 16:05

Il m'apparaît, ici, que tout est dit dans cet ouvrage traitant de l'amitié entre Julien Green et Jacques Maritain. Je cite la page 65 au sein de laquelle, j'ajouterai, de nouveaux guillemets indiquant Le Journal de Julien Green : " Mais l'angoisse peut aussi conduire au pur et simple désespoir, à cette expérience de ce que Green appelle " le gouffre " et qui " se distingue du néant. Il n'est pas rien ( rien est en italiques ). Il est quelqu'un ". " Il est comparable à cette bouche qui parcourt l'univers engloutissant les constellations. Il engloutit l'espace, le temps, tout. Il fait que rien n'existe, sauf Dieu " .... " Le gouffre ne demande pas qu'on le vénère; il lui suffit de détruire, il demande simplement que rien n'existe " ". J'ajoute, à titre personnel que celui qui l'éprouve considère que sa vie est une erreur, qu'elle ne devrait pas être, et ceci est compatible avec la foi puisque, soudain, l'unique sens à l'existence est L'Au-Delà espéré et sur lequel le doute ne porte pas, mais il devient impossible de voir à quoi servent les longues heures du quotidien d'une vie si vivre d'amour semble un mystère quand l'isolement s'en mêle jusqu'à l'horreur. Je sais qu'il y a une réponse dans la foi par le mystère de la prière, mais, bon sang, cela manque cruellement d'incarnation! A tous les moralistes étriqués, je n'ai qu'un hurlement à pousser : " aimer même maladroitement un homme, une femme, un humain, un animal s'il n'y a personne, est le premier pas de la vertu ". Mes moralistes seraient choqués entre l'amour hors mariage, les relations homosexuelles et alors? N'y a-t-il pas " un autre ", " L'Autre Incontournable " - titre que j'avais donné à un écrit relatant la relation entre Maryam de Castagnac et sa fille Nawel? Dans un monde qui crève de manque d'amour, " le gouffre " qui n'existe pas en tant qu'apte à la relation d'amour, " le gouffre " a tout envahi, et l'on croise des fous qui ne le sont pas : ils crèvent de manque d'amour à donner et à recevoir. Armand évoqué dans certains articles en fait partie mais que je m'en sens proche à cette heure où il n'a jamais été aussi seul! Si Le Coeur du Christ a explosé avant même le coup de lance selon ce qu'en dit Le Père Henri Boulad, égyptien, au sujet du Saint Suaire, c'est parce qu'au sommet de Son Amour, Il ne sent qu'indifférence, cette indifférence pire que la haine car cette dernière peut encore être de l'amour blessé. Je croise " le gouffre " alors que je suis croyante. Qui m'expliquera ce que je tente d'écrire? Je suis étonnée de lire que l'auteur de l'ouvrage sur Julien Green et Jacques Maritain évoque " On l'appelle généralement neurasthénie, angoisse, cafard, alors que plus que tout cela, il est la pire des tentations du démon, le suprême vertige au bord des abîmes de la désespérance " page 66 d'Yves Floucat " Julien Green et Jacques Maritain " édition Tequi. Je ne parle jamais du démon mais qu'un ange se soit révolté contre Dieu est possible, qu'il souhaite que rien n'existe est possible, qu'il souhaite que l'homme ne désire pas vivre est possible d'autant plus que, si j'ai bien compris ce qui est dit à son sujet, il refuse l'incarnation. Pardon, mais c'est aussi présent dans le coran mais je n'ose aller plus loin sur ce thème. Pour avoir écrit, jadis, dans un atelier chrétien, un texte sur " le fruit défendu ", je sais qu'il convient de détourner son attention de " ce gouffre " qui pourrait être aussi le chagrin inconsolable de la perte d'un être cher sans lequel la vie semble avoir perdu toute saveur. Aux curés, j'ai une colère à adresser : " vous n'êtes pas intelligents de répondre que je ne pèche pas si, avec mes pauvres mots, je tente d'esquisser " le gouffre " et avant tout l'absence d'amour sur fond d'un néant où la torture est d'être avec soi-même dans cette égoïté dont nous serons libérés dans L'Au-Delà ". Peut-être ai-je eu raison de confier ceux qui sont dans " ce gouffre ", sans exposer aussi longuement, à une amie en pèlerinage à Lourdes. " Le gouffre " est cette tentation qu'aimer et être aimé sont impossibles : ôtez le terme " démon " s'il vous gêne. Il ne peut exister car L'Amour de Dieu est sûr.

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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 13:10

Chère Pascale,

Il y a longtemps que je souhaite m'adresser à toi depuis le fond de mon coeur. Tu es et resteras mon amie : je suis fidèle, par-delà mes erreurs que je reconnais totalement. Il y a plusieurs années, tu écrivis sur facebook où j'étais sous pseudonyme que j'avais des antécédents psychiatriques et je ne compris pas cette calomnie qui ne te ressemble pas. Tu eus conscience d'avoir commis une erreur lorsque je t'en fis part. J'interroge le fond de ton être sur ton hypothèse : entre femmes intelligentes, ne crois-tu pas que je me suis demandée la cause de ton raisonnement et que j'ai une réponse, puisque, pour ma part, j'ai travaillé en hôpital. J'ai un infini respect pour les désespérés qui, dans leur épreuve, ont besoin d'une aide psychiatrique. Jacques Maritain issu d'une famille protestante et Raïssa devenue Maritain juive d'origine russe avaient décidé de se suicider s'ils ne trouvaient pas une raison qui puisse expliquer la souffrance d'un enfant. Ils devisaient en se promenant au Jardin des Plantes. Ils connurent Léon Bloy par son roman " La femme pauvre " et souhaitèrent le rencontrer. Tu connais sûrement la suite de leur trajectoire.

Voici que j'introduis le protestantisme par un philosophe remarquable. J'ai toujours eu des amis protestants. J'eus la maladresse de faire part d'un agacement consécutif aux émissions de Fréquence Protestante sur la longueur d'onde de Radio Notre-Dame où j'entendais des critiques pénibles contre les catholiques. Tu en fus peinée et je t'en demande pardon : je te croyais anglicane. Pour ma part, j'écoute régulièrement Fréquence Protestante et certaines émissions me touchent profondément. Je suis catholique parce que je crois en La Présence Réelle ou transsubtanciation. L'aspect moraliste ne m'intéresse pas : il est à mes yeux un sous-produit de "l'agapè", mot grec peut utilisé avant les écrits néo-testamentaires que l'on pourrait esquisser par l'idée d'amour inconditionnel. Tu connais fort bien l'épître de Paul mettant cette vertu au-dessus de tout.

Il y a en toi une intégrité remarquable. Emue, lors d'un de tes soucis de santé, je t'ai téléphoné sur ton portable qui me bascula sur un numéro de téléphone que j'ignorais. Tombant sur ton fils aîné, je dus me taire sur ce qui t'avais conduite à l'hôpital. Craignant que j'aie inquiété ton fils, tu me dis un peu abruptement : " mais tu sais bien quel numéro de téléphone tu as fait? " Oui, c'était celui de ton portable. Nous restions entre femmes intègres. Je compris, par la suite, que tu avais découvert que ton mobile basculait sur un numéro que je ne souhaitais pas appeler.

Nous eûmes d'autres malentendus. Il m'arriva de piquer une sainte colère contre les personnes ayant fait une école de commerce : je visais, en l'occurrence, un de mes frères. Tu le pris pour toi alors que je n'assimilais nullement l'université des Etats Unis où tu étudias à ces écoles françaises. Tu abordas devant moi divers problèmes financiers rencontrés dans l'entreprise que tu avais rachetée avec ton mari. Un jour, tu évoquas le calcul du point mort. De par mes études économiques, je ne connaissais pas cette notion, n'ayant appris que le calcul du point d'équilibre. J'en parlai à mon père qui m'expliquas ce que j'avais entrevu dans cette notion : tu vois donc que je prenais au sérieux chacun de tes propos.

Pour rire, lorsque nous nous rencontrâmes chez moi ou peut-être avant sur un des sites que nous fréquentions, je t'avais donné un quotient intellectuel pifométrique, n'ayant jamais fait ce test que je n'aurais peut-être pas bien réussi en raison d'anomalies de schéma corporel que j'assume comme un problème de famille et ces anomalies faussent le calcul. J'avais lancé un chiffre élogieux mais compatible avec notre niveau d'études respectif. Tu me donnas ton chiffre que je n'aurais jamais dû révéler et je t'en demande pardon. Tu avais eu ce test à faire et ton résultat était à respecter. Je me sais non adaptée aux exigences du libéralisme, dotée d'une forme d'intelligence atypique mais non moindre bien que sans doute les résultats d'un test soient un peu inférieurs. Je nous étais accordé 140!!! J'ai un rire amusé parce que j'échouerais, lamentablement, aujourd'hui, avec les difficultés de la vie.

Il y eu un autre malentendu lorsque tu me dis être aristocrate ce qui est certainement vrai mais ce qui était aux antipodes de mon éducation. Ni mon père ni ma mère ne l'auraient dit. Il est vrai que tout n'était pas clair du côté de ma mère parfois snob comme ses frères et soeurs, hormis quelques exceptions parmi eux, ceci ne correspondant pas du tout à ma grand-mère maternelle totalement hors de ces catégories bien que de noblesse de robe. Je n'ai pas connu mon grand-père maternel issu de la noblesse d'extraction : il était polytechnicien et n'aurait pas aimé le snobisme que j'évoque. Paradoxalement, ma mère pouvait être très simple et avait un contact chaleureux avec tout le monde. En outre, elle était artiste. Mon père était un homme remarquable et restera un modèle. Il fut comparé dans un article de L'Express à un membre de la chambre des lords.

Mon grand-père paternel polytechnicien était issu d'une famille anoblie par une charge à exercer comme toutes la noblesse de robe. Pour les concierges qui ont suivi cet écrit jusqu'ici, son ancêtre siéga aux états-généraux de la noblesse en 1789. La révolution interrompit la transmission de la charge, et pour les concierges en mal de pittoresque, il y a trois cent familles faisant partie de l'association de la noblesse inachevée, des familles vexées que les noblesses acquises ultérieurement soient reconnues par l'association de la noblesse française. Je ne sais ceci que par la curiosité mal placée d'un de mes frères. Pour ma part, je suis avant tout nomade! Mon nom est celui de la branche aînée : il est authentique, évoque La Comtesse de Ségur et un très beau petit château de L'Ardèche du Sud situé en pleines montagnes arides.

Ma grand-mère paternelle était artiste, farfelue, intelligente, fantasque, courageuse comme l'était cette génération. Je connais moins bien sa famille qui semble avoir des liens avec L'Espagne et qui a redoré le blason d'une dynastie princière dont je tais le nom tout en trouvant cette mésalliance désopilante!!! Chez mes grands-parents paternels, nous vivions à la dure mais dans la joie. Il n'y avait pas de chauffage, pas grand chose à manger, beaucoup de possibilités de jeux pour une bande de cousins solidaires. Le cadre était splendide.Je n'y suis pas retournée depuis les obsèques de mon père, un saint d'une extrême intelligence et d'un humour raffiné. Humour et amour riment : je n'oublierai jamais ses regards lors des derniers mois de sa vie où j'apportais présence, plaisanteries, joie, connivence intellectuelle et spirituelle. J'ai poursuivi des recherches d'histoire du droit qui l'intéressaient, à titre personnel. Nous avions de nombreux points communs même si je suis atypique. Il est à la mode de parler de sa résistance : mes grands-pères, mes oncles maternels ( ma mère en fut empêchée par son père ), mon père y participèrent. Ils firent ce qui était normal. Là, où vivaient mes grands-parents paternels, il était aisé de cacher qui on voulait et ce fut fait.

Je termine cette lettre en évoquant le groupe de la rose blanche en Allemagne, groupe d'étudiants et d'enseignants allemands résistants. J'ai vu, hier, un reportage sur KTO au sujet de deux jeunes gens protestants qui s'engagèrent de plus en plus en diffusant des tracts anti-nazis et en les envoyant, notamment, en cinq exemplaires à Hitler lui-même. Ils furent exécutés. Rendons aussi hommage au Pasteur Bonhoeffer (je ne suis pas sûre de l'orthographe ) exécuté pour complot d'assassinat contre Hitler, la seule chose à faire.

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Published by Elisabeth de Hautségur
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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 17:02

Venant de réécouter deux tables rondes du colloque de La Fondation Espérance Banlieues, je suis bouleversée et je souhaite en parler, ici. Vous pouvez trouver des vidéos you tube sur Le Cours Alexandre Dumas qui est la première école mise en place par cette fondation, et qui se situe à Montfermeil. D'autres établissements ont vu le jour depuis, et l'extension de cette expérience est envisagée. En tant qu'ancienne enseignante dans plusieurs matières, je tiens à souligner l'innovation merveilleuse qu'apportent les écoles de cette fondation.

J'ai enseigné en Afrique, les mathématiques de la sixième à la troisième. A titre personnel, j'ai décidé d'offrir un deuxième plein temps de cours aux élèves le souhaitant afin de répondre à tous leurs besoins d'explication. Je crains que mon initiative ne soit exceptionnelle bien qu'elle se soit imposée au jeune professeur que j'étais en face d'élèves dont la culture d'origine entrait en conflit avec le système codifié, comme les règles du jeu d'échecs, avec les mathématiques. Je ne donne qu'un exemple : lors de ma première démonstration par l'absurde, j'entendis mes élèves me répondre : " Qu'est-ce que cela prouve ? ". Cette question me frappa de plein fouet tandis que rentrais dans ma case, songeant que dans la nature les contraires peuvent coexister. Je n'eus donc comme argument que la nécessité d'accepter les règles mathématiques pour réussir Le BEPC qui, à l'époque, permettait de trouver un emploi dans la fonction publique. Il convenait que je cerne si l'incompréhension venait de ma démonstration ou de l'acceptation des règles mathématiques. Je prenais le temps de le vérifier avec chacune de mes élèves, n'hésitant pas à pointer du doigt le refus des règles. J'avais expérimenté ce type de refus avec l'un de mes frères alors que je réussissais sans aucune difficulté en mathématiques et en français, matières qui ne demandent pas beaucoup de travail et pour lesquelles, je me retrouvais en tête de classe. Il n'est pas inutile de dire que mon frère qui se bloquait sur la cohérence interne du système arbitraire des mathématiques est devenu juriste, donc obéissant à un ensemble de règles!

Mes élèves africaines m'appréciaient beaucoup et le dialogue était franc, chaleureux. Elles venaient de familles non scolarisées, le plus souvent, mais avaient des repères que n'ont pas les élèves des écoles hors contrat de la fondation évoquée. Une partie de mes élèves entra à l'université.

J'ai enseigné la santé publique, l'économie, le droit dans des écoles d'assistants sociaux en France. J'y fus également chargée d'encadrer des travaux de recherche, tâche que j'ai menée dans d'autres écoles, dans lesquelles les étudiants étaient censés avoir le baccalauréat! Mes élèves ne comprenaient pas ce qu'ils lisaient, ne savaient pas rédiger un plan, ne savaient pas prendre des notes. Il me fallut reprendre ces points mais je n'avais plus la liberté de rajouter un deuxième plein temps bénévole pour des raisons institutionnelles. Nous sommes pourtant dans un cadre d'illettrisme partiel.  QUE FONT LES ECOLES DE LA FONDATION ESPERANCE BANLIEUES? Elles commencent par rendre aux élèves la maîtrise du français, afin qu'ils s'approprient cette langue, de même qu'elles les aident à vivre comme une richesse leur nationalité française tout autant que les pays d'où sont originaires leurs familles. Les élèves ne redoublent pas : en cas de difficulté, ils passent en " classe niveau " avant d'intégrer la classe supérieure. Le vousoiement est de règle de la part des enseignants envers les élèves appelés au respect. Toutes les réussites sont fêtées, y compris celles qui ne sont pas directement scolaires. Les enseignants partagent leur repas avec les élèves qui apportent le leur. Ils sont aussi dans les cours de récréation et dans des jeux fascinants comme celui du creusement d'une tranchée dans le cadre d'un cours d'histoire. Vous trouverez des vidéos sur you tube et tout le colloque de la fondation. L'expérience est une réussite moins onéreuse que l'école publique et donnant à chacun sa chance!

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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 15:44

Ma chère Sophiana,

Il aurait été génial que nous puissions voir ensemble le film nommé " Franz ". L'intrigue se déroule en 1919 après la guerre : mes deux grands-père ont fait la guerre de 14-18, tout comme tes arrières grands-pères. Le film est d'une excellente qualité cinématographique et profondément artistique. Il y a une histoire de demande de pardon par un soldat français brisé parce qu'il a tiré, par panique, sur un soldat allemand dont l'arme n'était pas chargée. Sa douleur est indicible. Il va fleurir la tombe de Franz et fait connaissance avec ses parents ainsi que sa fiancée... Le scénario est étrange mais le film est de toute beauté. Il y a une intrigue sentimentale telle qu'elle se vivait à cette époque où nul n'avait de relations charnelles avant le mariage ( il y eut des exceptions à cette génération, bien entendu ). En ce temps-là, on se mariait, sans candeur : nul ne peut prévoir comment évoluera celui ou celle avec qui elle ou il s'engage à vie. Vois-tu, nous sommes bien au-delà de la morale que j'ai en aversion tant elle est étriquée. Nous sommes appelés à aimer Dieu " gratuitement " ( c'est le sens du mot " agapè " dans les textes du Nouveau Testament ). Nous-mêmes sommes aimés en pure gratuité par Dieu, Trinité de communion d'agapè (communion de relations d'amour ), par Dieu qui ne condamne personne. Le deuxième commandement est d'aimer le prochain comme soi-même, ce qui suppose une subdivision où nous soyons aptes à nous aimer, nous-mêmes, d'un amour gratuit. Il n'y a pas de morale en Dieu mais juste un abîme d'amour.

Nous sommes tous appelés au meilleur, au don total et c'est une chose qui peut se vivre dans le mariage. A quel âge faut-il s'engager? Il n'y a pas de règle fixe. Il convient de trouver le bon conjoint, de le connaître en amitié puis de le choisir pour la vie. Naturellement, il est possible de s'engager avec celui ou celle avec qui l'on vit. Le sacrement du mariage est une sorte d'icône nous indiquant l'alliance entre Le Christ et L'Humanité Réconciliée, Appelée à ressusciter. Il est tout à fait normal de se sentir incapable d'une telle aventure. Qui a peur de traverser le désert sans avoir de nourriture et sans avoir d'eau? J'ai traversé Le Sahara pour la première fois, alors que j'avais ton âge. La vision de cet infini sans limites, du tout dans le rien m'a fascinée. J'ai pris beaucoup de risques lors de cette épopée mais je ne le regrette pas. Le Sahara ne pardonne pas le faux pas, l'imprudence... tout comme l'océan que tu connais très bien. Une course de voilier en solitaire est une prise de risques que nul navigateur ne rejette. Et voici que je songe aux propos de Soeur Emmanuelle : " si tu n'as pas risqué, tu n'as pas vécu. " Rien n'est aisé et chacun d'entre nous fait ce qu'il peut devant ce à quoi nous appelle L'Abîme d'Amour. Je n'y arrive pas, moi non plus. Je suis ta marraine et c'est ce qui me conduit à te parler de ce mystérieux Abîme qui est, avant tout, pardon. La morale est étriquée et peut-être indigne de Dieu : les deux premiers commandements disent l'essentiel. L'alliance de Dieu est définitive depuis Abraham : elle ne s'arrêtera jamais. Une alliance conclue pour toujours? Une icône du mariage sur ce thème? Génial! On ne m'en a jamais parlé au catéchisme. J'ai lu de très belles choses sur ces thèmes vertigineux car nous ne sentons pas capables ( et à juste titre ) d'être à la hauteur de cette icône. Il nous reste un mystère devant l'appel qui nous fait peur tant nous nous sentons incapables d'y répondre. Je crois que la beauté de l'icône peut nous aider sur la route de notre vie. Ma vie a ses limites et je suis faillible. J'ai eu envie de présenter l'icône de beauté. Affectueusement. Elisabeth.

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 16:15

Audace s'impose : le pape, " la théorie du genre ", ledit lobby LGBT, la spirale financière du capitalisme libéral. Je suis économiste, formée d'abord dans un université marxiste, devenue ensuite chercheur à L'Ecole des Hautes Etudes. Le but de l'hypersexualisation des enfants est d'en faire de parfaits consommateurs. Ledit lobby LGBT serait soutenu par de très grandes firmes internationales, point qui nécessite des précisions que je n'ai pas à l'heure actuelle bien que j'aie des éléments. Nombreux sont ceux qui reprochent au pape de s'être opposé à la dictature de la théorie du genre au sein de l'école, à son retour des pays de l'est, dans l'avion. La doctrine sociale de L'Eglise est opposée au marxisme et au libéralisme qui n'est pas le capitalisme de petits entrepreneurs mais la spirale financière qui dérive, délire, s'impose : le pape l'a critiquée dans " Laudato si ". Un commentaire de Patrice de Plunkett sur facebook précise cette condamnation et je vous invite à aller sur sa page personnelle pour avoir plus d'information. En effet, il n'est pas certain que le fond du problème soit le sexe, l'entrée de documents non appropriés à l'école, même si proposer des textes pornographiques à des collégiens dans des activités extra-scolaires est scandaleux et destructeur. Il y a d'excellents écrivains homosexuels dont André Gide, Julien Green, Colette, Arthur Rimbaud... Le vrai problème est une histoire de fric.

Faut-il condamner le capitalisme ? Non, s'il s'agit de l'oeuvre d'entrepreneurs tels qu'il y en a eu dans ma famille à ma grande fierté, même si ces belles initiatives ont dérapé, pour certaines d'entre elles vers le libéralisme. Avons-nous une alternative au capitalisme? Mon directeur de recherche Ignacy Sachs a travaillé sur les stratégies d'éco-développement au sein de programmes régionaux et ceci fonctionne. A plus grande échelle, il n'y a pas d'exemple de réussite. Comment préserver le capitalisme des entrepreneurs? Par des régulations. J'espérais que les grandes institutions internationales s'en chargeraient et j'ai travaillé à ce niveau. Elles sont les premières à promouvoir les " études du " gender " qui ne procèdent pas par démonstrations, et prennent leur point de départ au sujet des très rares cas d'hermaphrodites!!! Faut-il condamner l'homosexualité? A quel titre? Elle n'est pas toujours choisie : Arthur Rimbaud et Julien Green ont dû composer avec cet état qui s'imposait à eux. Je rappelle que le pape a demandé pardon aux homosexuels pour les erreurs commises par L' Eglise Catholique Visible soit l'institution à leur égard. Le même pape est très à l'écoute des divorcés-remariés dans son exhortation apostolique " Amoris Laetitia ". Il reste que les chrétiens et les juifs ont en commun le texte de La Genèse. Vous pouvez écouter la vidéo-conférence de Fabrice Hadjadj : " mâle et femelle, il les créa " et lire son ouvrage " La profondeur des sexes ". Je cite pour sa beauté un extrait du premier recueil d'Etincelles de François Cassingéna-Trevedy : " Et Adonaï-Elohim appela Adam et lui dit : Où es-tu ? ( Genèse 3, 9 ) - Détresse, désarroi complet de Dieu : le Seul a perdu son ami, L'Un a perdu son autre " page 137 de l'édition ad Solem.

Moi, je vous dis que c'est une histoire d'argent, d'argent cette première idole : " nul ne peut servir deux maîtres, Dieu et l'argent ". Il est difficile de reprocher au pape de citer l'évangile! Voici une énorme histoire de fric d'où la sexualité est aussi absente que dans des sex-shops. J'étais rentrée dans ce genre d'officines, il y a quelques années, rue Saint Denis, à Paris, et j'ai éprouvé un profond malaise au point de dialoguer avec le commerçant tunisien qui disait à sa famille qu'il avait une épicerie. Sortant dans la rue, je vois une sex shop non interdite aux moins de dix huit ans mais interdite aux moins de vingt et un ans et j'entends deux jeunes maghrébins commenter : " cela doit être hard "! Un éclat de rire nous réunit et d'un commun accord, nous concluons : " c'est nul " au sujet de ces officines. Les études du gender ne parlent pas de sexualité. Elles partent sur des cas anatomiques rarissimes pour dire que le fait d'être homme ou femme ne dépend que de constructions sociales. Je crois que les études ethnologiques ne se permettent pas une telle conclusion. Fabrice Hadjadj parle très bien de la sexualité, de la relation dans l'altérité. Certes, l'altérité peut exister entre deux personnes du même sexe et il y a bien relation. Le sujet n'est pas l'homosexualité mais le fric, ne l'oublions pas. Sur ce point, je vous invite à retrouver une vidéo-conférence de Soeur Emmanuelle avec Philippe Asso où elle évoque sa rencontre avec le ministre des armées à qui elle reproche de fabriquer des armes qui tuent des enfants. Ce dernier lui répond que s'il arrête cette activité, il mettra au chômage des centaines d'employés et qu'il sera mis à la porte. Soeur Emmanuelle touchée lui pose la bonne question : " ne pouvez-vous pas réunir des experts sur la possibilité de fabriquer avec les compétences de vos employés autre chose que des armes? ".

J'ajoute encore un point qui s'adresse aux chômeurs dont je fais partie et qui crèveront si leurs allocations disparaissent et s'ils ne trouvent pas d'emploi : " Qu'est-ce qu'on ne peut ni acheter ni payer, parce que c'est irréparablement gratuit? L'amour, l'amitié, la confiance, la foi, la grâce, les sacrements, l'intelligence, le ciel, la terre, l'air ( ...jusqu'à nouvel ordre ), la paix de l'âme, la joie de vivre. " Maurice Bellet " La traversée de l'en-bas " édition Bayard page 142, 143. Cette méditation nous concerne aussi sur un point difficile abordé par le pape, soit la question des migrants. Nous nous sentons débordés et c'est légitime. L'Etat Islamique a dit qu'il s'infiltrerait par les migrations et il le fait. Lesdits migrants sont des clandestins mais L'Etat Islamique est capable de modifier leur identité en les faisant chrétiens de telle sorte qu'ils apparaissent comme réfugiés politiques. La jungle de Calais est un chaos terrible où se trouve une très belle petite église éthiopienne. Les rassemblements sous le métro sont une horreur atroce mais nous sommes pris dans la spirale libéraliste et n'avons aucun emploi à proposer. Il est urgent de convoquer des experts sur ce point : je suis prête à participer à cette étude à mon modeste niveau.

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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 14:43

L'automne arrive avec ses premiers jours de froid. L'été avait sa saveur de combat puisque c'est en sa chaleur que j'ai lutté pour retrouver la marche, l'immense force de ma carcasse, après mon opération du genou, que j'ai relevé le défi de cette salle de sports qui tenait de la folie lorsque je la vis pour la première fois. Nous étions tous logés à la même enseigne, arrivant sur un brancard, nous déplaçant en hésitant avec un déambulateur - toute chute pouvant être fatale, osant les béquilles puis en lâchant une, et réalisant que nous tenions en l'air la dernière béquille, la laissant de côté, pour marcher de plus en plus vite sur le tapis roulant, pour pédaler sur le vélo scellé au sol, grimpant et descendant les escaliers. Nous étions comme des pèlerins en quête d'Absolu sans même y songer, pèlerins solidaires, très chaleureux entre eux. Et si être pèlerin était ce qui fondait notre vie?

A côté de mon ordinateur, un ouvrage très émouvant d'une femme ayant été plusieurs fois à Saint Jacques de Compostelle, ouvrage où elle décrit son pèlerinage pour sortir d'une erreur médicale qui l'a conduite à l'hôpital : " L'angoisse de la page folle " d'Alix de Saint André. Un peu plus loin, " Les grandes amitiés " de Raïssa Maritain où se croisent écrivains, artistes, tous pèlerins de L'Absolu qui ne se nomme pas systématiquement d'emblée. Un peu plus loin encore, " Camille C ou l'emprise de Dieu " d'Henri Caffarel où L'Absolu ne se dit pas aisément puisque Camille C traverse deux nuits mystiques, la seconde ayant duré vingt ans. Ne demandez pas à Dieu de se dire aisément : avancez dans l'opacité nous conseille François Cassingena-Trevedy dans une vidéo-conférence intitulée " le métier de théologien ". Certes, Jean de La Croix au sujet de celui qui chercherait quelque révélation sur Dieu : " Dieu pourrait lui dire : Je t'ai dit toutes choses par ma Parole, qui est mon Fils, et je n'ai plus rien à te dire ni à te révéler " in La montée du Carmel. Ceci ne fait que repousser le problème car l'opacité est aussi Le Fils ou inversement. Elle peut-être tout autre chose pour le commun des mortels, l'homme ou la femme éprouvés dans son quotidien. Quittons les mystiques, Dieu, et descendons dans le terre à terre, l'humus du quotidien avec Maurice Bellet dans " La traversée de l'en-bas ".

Mais qu'est-ce que l'en-bas? C'est la poubelle de l'humanité nous dit l'auteur en citant les chômeurs, les clochards, les alcooliques, les dépressifs... Il écrit aussi : " Toutefois l'en-bas dont je parle est chute et désespérance ". La haine de soi-même puisque l'on est un raté, la haine des autres parce qu'ils ne nous écoutent pas en ce lieu qu'est l'en-bas, la haine du monde entier parce que vue de l'en-bas, la beauté se fait laideur, l'idée devient hors sujet, la bonne action a son envers intéressé - même si c'est inconscient.... Tout est révoltant, tout est haïssable à commencer par soi-même et ceci aussi violemment que possible, et cette violence est une force qui peut devenir un très puissant levier de vie pour se relever et oser le pas de ce jour. Maurice Bellet envisage Abraham partant avec Isaac sur la montagne comme étant dans l'en-bas terrifiant, Dieu semblant être un salaud d'un sadisme sans nom ( j'ajoute ce point de vue, car de l'en-bas, Dieu peut sembler être un salaud ce qui est pire que de le considérer comme non existant)? " Sa ( celle d'Abraham ) foi, s'il faut la nommer foi, en ce voyage vers la montagne de la Mort, c'est que vient vers lui ce qu'il ne sait pas, ce qu'il ne saura peut-être jamais. Juste de quoi, dans la nuit en plein jour, tenir un pas et encore un pas, pour que la vie soit sauve autant qu'il peut, que quelque chose par lui perdure de ce que les humains doivent préserver à tout prix, à tout prix : juste de quoi être encore du côté de ce qui donne, engendre et pacifie plutôt que l'abîme meurtrier de la tristesse. Abraham ne sait pas, ne comprend pas. Il est dans la contradiction dévastatrice : le Dieu qui donne le fils de la promesse le reprend et le dévore. De quoi maudire le Dieu, c'est-à dire, pour Abraham engloutir tout. ". J'aimerais que le point de vue d'Isaac me soit aussi présenté! Tous les deux continuent leur pèlerinage qui conduit en apparence vers la mort et le meurtre. Nous n'avons pas besoin de Dieu pour nous interroger face à la grande détresse parfois invisible pour ceux qui ne la partagent pas.

Maurice Bellet s'adresse à ses lecteurs : " A la parole qui vous tue, vous ne pouvez réagir que par une haine implacable ", la haine visant le meurtre et non le connard qui le commet. Je le cite, à nouveau : " La grande tâche qui s'annonce, c'est d'éduquer des êtres humains qui puissent supporter le chaos. J'entends le chaos intérieur. " " Tout reprendre. A chaque fois tout reprendre. A chaque fois le commencement, la traversée, le but du pèlerinage - qui est un commencement. De commencements en commencements, disait Grégoire de Nysse ". " Sortir de l'en-bas n'est pas s'en aller ailleurs. C'est y être autrement " " La grâce des grâces, c'est dans ce chaos, garder le coeur ouvert ". Je pourrais continuer à citer, me guidant sur une lecture ancienne qui m'a conduite à souligner de nombreux passages mais je vais reprendre ma lecture. Dans l'en-bas, dans le dégoût de soi-même et des autres, dans la haine de la vie et l'envie d'en finit, se trouve une force immense qui permet de marcher, pas à pas, heure par heure, jour par jour, dans l'obscurité du jour, une force pour se relever.

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